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Une nécessaire plongée dans le rêve

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Le L’Apollo

Les Irréels de la Compagnie Créature sont de retour, au grand complet cette fois à l’occasion des 20 ans de l’Espace Apollo à Mazamet. Ils seront tous là, sur le parvis, à dispenser leur onirisme bienveillant, désintéressé.

On se souvient de la bouffée de poésie dans la frénésie mercantile de Noël dernier à Toulouse : les Irréels évoluaient en silence dans leurs « cabanes univers » installées dans la cour Henri IV en décembre 2013. Leur langage est universel puisque sans parole, le message transmis n’en est que plus fort et s’adresse sans distinction aux enfants, aux gens qui passent, quels qu’ils soient pourvu qu’ils aient su garder candeur et capacité d’émerveillement, de questionnement.

Des personnages ?

Hybrides, irréels bien sûr. Chacun évolue dans son univers plastique conçu très précisément en fonction de ce qu’il doit évoquer et transmettre. Le travail de la Cie Créature est un travail d’équipe, de famille, de tribu. Lou Broquin, metteur en scène, est tombée dans l’univers du spectacle quand elle était petite. Quand on lui demande qui sont les Irréels, elle répond : « Ce sont des personnages muets, pacifistes, tendres et timides. Un peuple parallèle et invisible, au service -noble- des humains. Noble, car les Irréels donnent gratuitement, dans l’ombre, de manière totalement désintéressée. Chacun travaille pour la rêverie et les états de l’être. Comme la dorloteuse d’enfance qui ravive joie et innocence, ou le rafistoleur de mémoire qui reconstruit nos souvenirs endommagés par le temps. Mais les Irréels ne transforment pas le quotidien des humains d’un coup de baguette magique. Ils les aident à s’interroger, montrent la voie. Leur bienveillance apaise, rend plus fort, mais les humains restent responsables de leur destin. Nous avons aussi souhaité travailler sur la frontière entre homme et animal, notre part sauvage, instinctive. C’est pourquoi les acteurs portent des masques d’animaux ».

Veilleuse de mystère ?

Cette humilité révèle une ambition puissante, une idéologie qui frise l’utopie. Qu’il s’agisse de la dorloteuse d’enfance, de l’accompagnateur d’absents, de la réchauffeuse d’hivers, de la réchauffeuse de cœur… ces créatures et leur environnement sont toujours au carrefour assumé des arts plastiques, du théâtre, du comédien qui lui-même se trouve aux confins du jeu d’acteurs et de la marionnette. Cela donne une hybridation qui place au delà de notre réalité ces créatures mi-humaines, mi-animales, d’une autre manière que dans les Fables. Ce monde plonge plus dans l’imaginaire et la métaphysique que dans la métaphore humaine. Celui qui incarne une des quinze créatures irréelles improvise en fonction de la réaction et de l’attitude du public. Il doit être sans cesse à l’affût prêt à s’engouffrer dans l’imaginaire de celui qu’il côtoie… Tout cela avec bienveillance. Lou Broquin est une idéaliste qui sait donner forme et vie à ses rêves. Elle souffre de l’indifférence et de l’individualisme du monde dans lequel nous vivons. Elle se demande « comment inciter à offrir sans rien attendre en retour ? Chacun de nous peut devenir un Irréel, une Amélie Poulain ». Lou se sent proche de la Veilleuse de Mystère. « Elle protège les grandes énigmes, du secret des pyramides aux extra-terrestres en passant par les licornes, le calmar géant ou la Joconde. Elle veille à ce que ces mystères ne soient pas révélés pour que nous continuions à rêver. C’est un peu l’incarnation de l’artiste… ». A Mazamet en septembre, il fera moins froid qu’à Toulouse à Noël, la magie devrait s’y opérer tout autant.

Propos recueillis par Catherine Huber
Le 27 septembre de 15h à 19h / Les 20 ans de L’Apollo de Mazamet – Entrée libre et gratuite
www.ciecreature.fr / www.espace-apollo.com

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