Benjamin-Constant et la veine orientaliste

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Du au Musée des Augustins

Le Musée des augustins inaugure une première et grande rétrospective du peintre Benjamin-Constant grâce à une collaboration internationale.

Première co-production du Musée des Augustins de Toulouse et du Musée des Beaux-arts de Montréal, et conçue dans le cadre de l’organisme de coopération franco-américaine FRAME (French Regional American Museum Exchange), cette rétrospective sur le peintre français Benjamin-Constant va permettre de redécouvrir l’œuvre d’un acteur majeur de l’orientalisme, courant artistique en vogue sous la Troisième République.

Couleurs et gigantisme

Ancien étudiant des Beaux-arts de Toulouse, Benjamin-Constant fut grandement célèbre à son époque, et signa des décors monumentaux pour l’Opéra- Comique, la Sorbonne, l’Hôtel de Ville de Paris ou le Capitole de Toulouse. Angleterre, États-Unis ou Canada, sa notoriété internationale l’amène à voyager régulièrement pour réaliser notamment des portraits mondains, dont ceux de la reine Victoria ou du pape Léon XIII. Admirateur d’Eugène Delacroix, il ne fut pas qu’un peintre de son temps, son inspiration byzantine et biblique dans la peinture d’histoire apportant au courant orientaliste de nombreuses œuvres aux dimensions spectaculaires, à l’image du tableau présent aux Augustins, l’Entrée du sultan Mehmet II à Constantinople le 20 mai 1453 (1876). Benjamin-Constant passa dix-huit mois au Maroc (1872
 à 1873) qui vont le marquer à vie, alimentant ainsi l’imaginaire d’un Orient mythique en vogue au XIXe. Un brillant coloriste qui peindra odalisques, scènes de harem et guerriers maures dans des décors minutieusement reconstruits.

Un catalogue d’œuvres prestigieux

L’exposition Benjamin-Constant, merveilles et mirages de l’orientalisme réunit aux Augustins quarante années de sa production artistique, avec la présentation d’une soixantaine d’œuvres issues de collections des musées de Lille, Carcassonne, Bordeaux, Besançon, du Petit Palais à Paris, de musées étrangers (New York, Montréal, Washington…), ainsi que de collections privées. Toulouse et Montréal se sont associés pour restaurer l’une de ses œuvres aux dimensions hors normes, Le Jour des funérailles. Scène du Maroc (1889), qui était conservée roulée dans les réserves du Musée du Petit Palais à Paris. Exposée désormais sur châssis, elle sera accrochée à Toulouse. Le musée prépare cette exposition-événement depuis cinq ans et a engagé des restaurations systématiques d’œuvres, tout en enrichissant le fonds Benjamin-Constant par une politique d’acquisitions. Elle permet d’apprécier toutes les facettes de son travail artistique, envisageant également son poste d’enseignant à l’académie Julian à Paris. Ses portraits de commande
et des œuvres plus intimistes sont visibles, ainsi que ses esquisses de décors réalisés à Paris ou pour le Capitole de Toulouse.
On ne peut que louer l’initiative de collaboration internationale représentée par le réseau FRAME, qui permet d’envisager des expositions d’envergure comme celle consacrée à Benjamin- Constant. Le Musée des Augustins avait proposé en 2012 par ce biais Corps et ombre, Caravage et le caravagisme européen, autre rétrospective réunissant plus de 140 chefs d’œuvre des plus grands peintres du XVIIe siècle, en collaboration avec le Musée Fabre de Montpellier. L’exposition bénéficie également du label « Exposition d’intérêt national » du Ministère de la Culture et de la Communication.

www.augustins.org

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