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Du théâtre autrement

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Du au

Céline Astrié, comédienne et metteuse en scène de la compagnie Nanaqui, initie un cycle de conférences indisciplinées qui traverse la saison du Ring.

Inventer une façon de poser ses questions d’artiste, loin des formatages habituels. Ouvrir des pistes à partir de mots clés qui parlent à chacun. Retrouver un rapport au public basé sur la complicité. Tel est le sens de la démarche. Rencontre.

La place de l’artiste

Céline Astrié : Tout est né du constat que je n’étais plus à l’aise ni dans
les lieux labellisés, ni dans les lieux indépendants, tous cultivant le même cloisonnement, la même façon de séparer le public de ce qui existe au plateau. Les théâtres aujourd’hui
sont des lieux de consommation, de contemplation artistique, mais ne
sont plus des lieux politiques. Ils sont soumis à une économie de la rentabilité qui attribue à l’artiste une valeur d’échange. Les propositions sont de plus en plus contraintes, quels que soient les moyens, et l’ensemble reproduit le même fonctionnement que le monde du travail, que la concurrence, la politique.

Le rapport au public

Dans cet environnement, comment retrouver le public, comment faire ce dont j’ai envie ? Le cycle des conférences est né de cela. La forme est légère financièrement, ce n’est ni une conférence scientifique, ni une œuvre finie. C’est une situation théâtrale minimale où un artiste se saisit d’un mot, d’un thème, le prend en charge
et nous le renvoie ensuite, pour nous faire réfléchir. Pour refaire du théâtre un lieu public, politique, interactif, au sens d’une agora. Replacer le spectateur dans un rôle actif et redonner aux artistes leur pouvoir de questionner, de déranger, de sortir des formatages et des étiquettes. Le Ring travaille dans cet esprit.

Le matériau du langage

Ce que l’on a tous en commun, le seul outil que l’on partage et qui ne coûte rien, c’est la langue et le travail du sens. Les mots ont une force in- croyable. Avec l’aide de Magali Maria j’ai donc choisi cinq mots : Mémoires, Mineur(e)s, Travail, Frontières et Artiste. A partir de là, j’ai cherché des personnes qui me semblaient avoir une pensée singulière et un regard critique, loin du divertissement, des effets spéciaux de la société d’aujourd’hui. Je voulais revenir à ce qui me touche, ce qui m’alimente. J’ai tout de suite pensé à Maylis Bouffartigue, puis j’ai fait des recherches, suis tombée sur Jacques Delcuvellerie, sur les films de Godard et Anne-Marie Miéville…

L’art et le débat

Chaque conférence prend la forme artistique souhaitée par l’artiste : Maylis Bouffartigue ouvre le cycle avec le mot « Mémoires » le 10 octobre et Roméo Castellucci le clôture le 28 avril avec une conférence qui aura lieu au Théâtre Garonne sur le mot
« Artiste » justement. Entre les deux (programme complet sur le site du Ring) par exemple, Frédéric Aspisi
et Lise Bellynck évoquent autour
 du mot « Frontières » leur périple de 21000 km en Afrique de l’Ouest et le film-miroir qu’ils en ont ramené. Puis, après chaque conférence, un débat associe des intervenants, spécialistes et experts au public pour prolonger la réflexion et brasser les idées.

Les perspectives du projet

C’est un projet dans son ensemble qui nous oblige, nous artistes, à sortir de notre marmite, à aller voir des gens ailleurs, dans d’autres sphères, à travers des ateliers, des rencontres, à remettre le théâtre en lien avec la société civile, à créer de nouveaux liens, de nouvelles solidarités et à nous autonomiser de ce qui nous assujettit, du formatage pour obtenir des subventions, etc. Et ça oxygène vraiment la pensée !

http://www.theatre2lacte.com

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