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Brigitte Fischer, c’est la lutte vitale

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Du au

Là où En plein cœur ou Uppercut nous mettaient KO, Concerto en lutte majeure trouve la petite musique de la vie comme refuge métaphorique. Un hymne aux naufragés de notre monde titanique à découvrir au Pavé.

Bien sûr le titre a ce je ne sais
 quoi de percutant qui vous fait d’entrée tendre l’oreille au propos : les spectacles de danse-théâtre de Brigitte Fischer ont toujours ça
 pour eux, un titre comme un coup de poing, pour ne pas se laisser endormir. Rencontre.

Ce que dit la bouche d’ombre

Brigitte Fischer : Au départ, j’avais envie de travailler sur les migrants, les images de Lampedusa aux infos. Lampedusa qui fut un temps sacrée « plus belle plage du monde », est aujourd’hui l’enfer du paradis. J’avais aussi envie de poser mon décor sur une plage pour placer d’emblée le spectacle dans du sensoriel, pas dans de l’analyse intellectuelle. Toutes les humeurs de l’âme peuvent se retrouver dans les mouvements de la mer. Et puis, rapidement, cette première idée a bifurqué suite à ma rencontre avec Douma Poésy, une philosophe passionnante, fondatrice de l’antenne Amnesty International à Toulouse, une personne qui vivait alors un naufrage personnel à travers la maladie, la vieillesse mais qui portait une parole très forte, une vraie leçon de vie. Elle est décédée pendant le projet, mais j’ai gardé de notre relation très complice des heures d’enregistrements. Elle est la voix off du spectacle, une voix venue des profondeurs, grave comme celle de Duras, et même si le naufrage est sous- jacent, elle est la voix de la liberté. Elle parle à chacun.

Un shoot d’optimisme

Brigitte Fischer : Le spectacle, c’est une vision de la vie que m’a transmise Douma et qui fait écho à ce que j’ai toujours défendu ou creusé dans mes créations. Tout ce
que je fais parle de la résilience, de la manière dont on transforme les blessures de l’âme. Je pars toujours de ce que je vis, de mes émotions, mes intuitions. Transformer la douleur en beau dans ce monde délirant, c’est prendre conscience à son niveau qu’il n’y a pas de fatalité, qu’on peut prendre des chemins de traverse au lieu de se laisser embarquer sur les autoroutes toutes faites qu’on nous propose. Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui l’ont compris, on peut tous réagir. J’essaie à travers mes spectacles d’offrir ce que je vis comme une nécessité : donner espoir, puiser en soi l’énergie de lutter, avoir des rêves fous et la rage de vivre. Mais cela n’exclut pas l’humour, la dérision, le burlesque, au contraire. L’humour, c’est d’ailleurs cela qu’on sent le plus au plateau, rien n’est plombant. J’ai deux interprètes (Lise Laffont et Grégory Bourut) qui servent magnifiquement le propos et leur énergie, leur générosité, leur humanité, ainsi que celle de toute l’équipe technique, est palpable.

À qui s’adresse ce mélange voix/théâtre/danse ?

Brigitte Fischer : Tout le monde peut venir, même les enfants puisque le spectacle est conçu pour tous publics à partir de 7 ans.
 Mes deux naufragés vont d’abord se méfier l’un de l’autre, puis s’apprivoiser, former un couple et cheminer ensemble jusqu’à la vieillesse. Leur chemin est celui de la reconstruction. Le spectacle est très visuel, le plateau est traversé d’images, de symboles comme celui d’un sublime poisson volant qui dans certaines légendes du monde amène l’âme des morts pour un dernier voyage. Il y
a des allusions visuelles à des moments d’actualité, un tas de chaussures, un amas de plastique qui figure la pollution et le 7e continent, tout entre en résonance mais sans démonstration. Tout est théâtralisé, tout est dans le mouvement et même s’il y a le fil d’une histoire, chacun peut y lire la sienne propre et se projeter. La voix de Douma dit des choses d’elle, mais elle nous sert de guide : elle pose la pensée du spectateur et lui ouvre le chemin.

www.theatredupave.org

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