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Allons z’enfants !

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Du au

Pour la deuxième année, c’est autour de la fougueuse Chiara Mulas et de son Monument aux morts que s’organise la semaine de la performance « Le nuage en pantalon » à la Cave Poésie.

Lieu d’expérimentation revendiqué, la Cave Poésie fête ce mois-ci comme tant d’autres mais 
à sa façon l’anniversaire de la Grande Guerre. Des lectures bien sûr dans le cadre des fameux Rugissants, mais aussi des performances viennent gratter la mémoire collective là où ça fait mal.

Deuxième édition

L’an dernier donnait le coup d’envoi de ce festival réunissant pour l’occasion deux performeuses remarquables, Catherine Froment et Chiara Mulas, femmes ancrées dans la lutte artistique et la poésie d’action. Hommage au sulfureux Pasolini, variations sur les saints et l’hypocrisie de la religion, Chiara Mulas déclarait alors « il faut donner une place à la performance à Toulouse. Il y a encore trop peu d’initiatives sauf quelques galeries d’art contemporain. Faire rentrer la performance dans et hors les murs du théâtre permet de se nourrir de nouveaux mélanges et de penser l’art vivant ». Une perméabilité qui explique que pour cette deuxième édition consacrée à la guerre de 14-18, la scène soit aussi donnée
 en avant-spectacle à des groupes de jeunes, notamment les étudiants du Chantier d’art provisoire du CIAM de l’Université Jean Jaurès sous la houlette de Serge Pey, qui liront et interprèteront des textes de grands auteurs en relation avec ce thème.

Moi mon colon, celle que j’préfère, c’est la guerre de quatorz’-dix-huit

Et côté lectures, on a l’embarras du choix. Car la littérature de l’époque s’est amplement fait l’écho de l’inanité du conflit. Si l’on excepte la deuxième qui prouvera trente ans plus tard que l’homme ne retient jamais la leçon, la Première Guerre mondiale a été la première occasion, entre médailles, commémorations et défilés, de banaliser la monstruosité de l’assassinat de masse via l’histoire officielle. Les campagnes et les villages ont été jalonnés de monuments aux morts pour la patrie alors même que partout des hommes et des femmes s’élevaient contre la barbarie guerrière à travers écrits, poèmes, romans. Des témoignages du poilu Louis Barthas aux chansons antimilitaristes, en passant par le Grand troupeau de Jean Giono, aux articles de Lénine, aux Croix de bois de Roland Dorgelès, l’Adieu aux armes d’Ernest Hemingway ou Le Feu d’Henri Barbusse, Les Hommes contre d’Emilio Lussu, etc, le corpus est immense.

Passer aux actes

Chiara Mulas : « Monument aux morts est né dans le contexte de l’anniversaire de la première guerre mondiale dont les bombes continuent d’exploser un siècle après. L’horreur de la boucherie de cette première guerre mondiale a changé la face du monde. Mon action n’a pas une volonté pacifiste, mais à la lumière de cette commémoration, celle de penser à tous ceux qui sont morts pour des intérêts qui n’étaient pas les leurs ».
 « Dans la ville de Jaurès, il était nécessaire de marquer une solidarité historique avec son combat pour la paix. Cela a un lien avec le travail que je poursuis depuis des années, dans le cadre d’un engagement de l’art aux cotés des problèmes posés par l’histoire de notre temps ». La comédienne et performeuse ne conçoit pas la poésie autrement qu’en actes : rituels situationnistes pour Guy Debord, poèmes d’action réalisés avec Serge Pey, exploration de la grotte préhistorique du Mas d’Azil, ex-voto vivants pour les martyrs de l’immigration de l’île de Lampedusa… elle est de tous les combats.

www.cave-poesie.com

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