Circa 2018
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Entrée libre

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Du au Maison Salvan

C’est le titre d’une des œuvres qui constituent l’exposition que Françoise Petrovitch propose à la Maison Salvan à Labège : Étant donné un mur. Il s’agit d’une vidéo projetée dans la dernière salle de l’exposition, tout au fond de « la Maison » dont l’histoire et la constitution ont marqué sa création in situ. Vidéo, dessin lavis sur papier, dessin mural au pinceau, peinture, gravure, livres d’artiste, Françoise Petrovitch ne s’enferme ni dans un savoir-faire ni dans la reconnaissance qu’ont pu lui apporter ses précédentes expositions. Elle cherche, se renouvelle, se nourrit du lieu et de son âme. Tout d’abord, un immense dessin mural, peint au pinceau sur un mur riche d’imperfections, gris sur blanc. Le corps trop grand de la jeune femme qui coiffe ses cheveux déborde du mur laissé en l’état, riche pour l’artiste de ses imperfections. Comme La Danse de Matisse, elle emporte hors du cadre, dans un univers où tout l’imaginaire peut s’épanouir. Un dessin au lavis aussi qui rappelle ce que je connaissais de Françoise Petrovitch : une lutte douce sans vainqueur où le vide compte autant que le plein, où la maîtrise d’un trait révèle les inflorescences aléatoires et improbables provoquées par l’eau qui, en séchant enfin, révèle des merveilles. C’est un corps, adolescent, dont on ne sait pas grand chose et qui, pas plus que les autres personnages présents sur ces murs, ne nous regarde. Peu à peu on est absorbé, immergé dans l’exposition où le nombre d’œuvres pourtant limité génère une plénitude ; l’ensemble devient une installation où l’espace vide correspond à la force si particulière provoquée par la « présence de l’absence ».
Silhouettes incomplètes, petite fille perchée dans les hauteurs. Immobiles et silencieuses, elles sont immergées dans le son parfois violent de la vidéo réalisée en 2013 par Hervé Plumet et qui ajoute encore à la mélancolie ambiante. Des dessins encore, personnages, animaux, rouges parfois qui redonnent une vie étrange à des lieux qui en sont dépourvus : des boutiques et commerces fermés et abandonnés dans la ville de Thouars. Pour sortir, le visiteur doit à nouveau traverser l’exposition, re-regarder ces personnages qui ne disent rien d’eux, le visiteur lui, en sort différent !

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