Circa 2018
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Corinne Mariotto

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Publié le Théâtre du Grand Rond

Il n’y a que Maillan qui m’aille

Corinne Mariotto, accompagnée de son pianiste revient avec sa pièce <em>Il n’y a que Maillan qui m’aille*, *titre provisoire</em> au théâtre du Grand Rond.

Corinne Mariotto a la chevelure ténébreuse, la mèche fétiche tirebouchonnée et l’œil malicieux « couleur des mers du sud » comme les encres Waterman dans les eighties. Comédienne tout terrain, longtemps vue chez Azéma, elle s’offre désormais des escapades ailleurs et à sa guise.  Rencontre avec une grande fille toute simple qui fait son chemin.

Des hommes rencontres

Corinne Mariotto : J’ai eu la chance de commencer en 1989, j’étais alors au Conservatoire, par un projet qui a réuni la plupart des comédiens de l’époque à Toulouse et qui nous a amenés à côtoyer Léo Ferré puisque le spectacle était tiré des bandes son de son Opéra du pauvre. La mise en scène de Franck Ramon a été créée à Castres puis le spectacle a tourné à Tarbes et à Paris. On était seize comédiens et déjà la plupart de ceux avec lesquels j’ai pu travailler ensuite, et encore aujourd’hui. La troupe s’appelait d’ailleurs « La Famille ». Ces années là ont acté ma rencontre avec Francis Azéma avec lequel j’ai fondé le Grenier Théâtre et enchaîné ensuite quinze ans de créations multiples, deux ou trois par an, avec la troupe des Vagabonds. Avec Francis Azéma, avec Jean-Pierre Beauredon, j’ai joué Molière, Lagarce, Racine, Tchekhov et tant d’autres. Depuis quelques années je joue ailleurs, dans d’autres univers, au cinéma aussi. J’ai toujours joué plusieurs choses en même temps.

Des femmes guides

Corinne Mariotto : C’est souvent par un texte, un livre sur lequel je tombe, que les choses commencent. Ça a davantage de sens pour moi d’avoir un coup de cœur pour un texte et de penser à quelqu’un avec qui le jouer que l’inverse. J’ai eu cette évidence pour les Entretiens Duras/Mitterand : j’avais très envie de faire parler Marguerite Duras, quelle femme, quelle monstre d’intelligence ! J’ai même entrepris une adaptation et un découpage des entretiens avant de revenir au format tout simple d’une lecture, très complice avec mon ami Denis Rey. J’ai eu le même coup de cœur pour la femme complexe qu’est Calamity Jane. Après avoir lu les Lettres à sa fille, j’ai tout de suite pensé à Greg Lamazères pour m’accompagner. Et on a improvisé, l’alchimie fonctionne bien je crois, la voix, la musique, le texte c’est un tel plaisir ! C’est la première fois que je me sens satisfaite, sans pression, que je suis totalement sereine dans un projet. Il y a des rôles de femme comme ça, qui vous portent. C’est un autre genre de rôle de femme, décalé, que je tourne encore dans Les règles du savoir-vivre dans la société moderne (un hilarant avatar de Nadine de Rothschild NDLR). Et puis, c’est mon admiration pour Jacqueline Maillan qui m’a donné l’impulsion de créer ma compagnie, la Compagnie de la Dame : je lui rends un hommage en forme de collage, à partir de diverses sources, des textes de ses spectacles, des extraits de rôles, sketches et chansons remis en cohérence par Hélène Sarrazin. C’est une occasion formidable, pleine de plumes et de paillettes, un prétexte à sauter à pieds joints dans un jeu jubilatoire, décomplexé. J’assume complètement ce kistch en apparence juste joyeux, qui cache une femme plus secrète et plus fragile qu’il n’y paraît.
Propos recueillis par Cécile Brochard

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