Mezzanine Sud, un nouveau prix

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Mezzanine Sud, c’est évidemment l’indication du lieu de l’exposition de quatre jeunes artistes au premier étage des Abattoirs. C’est aussi le nom du prix attribué par le CIC’Art, associé aux Abattoirs et Frac Midi Pyrénées.

Soutenir la création contemporaine dans le grand Sud-Ouest, c’est le principe de Mezzanine Sud qui récompense les lauréats par une exposition et une aide à la création. Ils sont quatre, vivent dans le grand Sud-Ouest et ont moins de 35 ans : Gaël Bonnefon (Midi-Pyrénées), Sylvain Bourget (Aquitaine), Laurie Dall’ava (Midi-Pyrénées) et Christophe Sarlin (Languedoc-Roussillon).

4 artistes, 3 salles blanches,  1 salle noire

Il y a une progression dans le cheminement de salle en salle. Première image, la photo de Christophe Sarlin Desert Process, qui montre sur une même image un lever et un coucher de soleil. Dans son travail, le jeune artiste privilégie l’expérience de la durée. Laurie Dall’ava nous transporte avec ses photos au confins des deux préoccupations qui l’habitent : l’extérieur et ses réalités visibles et l’intérieur à travers le psychologique, l’imaginaire, le spirituel. Dans la salle qui lui est attribuée, Sylvain Bourget bouscule les codes de représentation jusqu’à ce que le doute, et l’ironie qui l’accompagne, deviennent le sujet de l’œuvre. Il a installé auprès de ses propres œuvres des pièces issues des collections des Abattoirs. Enfin, et c’est un choc, la salle totalement noire, pratiquement éclairée par la lumière qui irradie des photos de Gaël Bonnefon.
Ne les réveillez pas, c’est une partie du travail réalisé par Gaël Bonnefon à FIAC 2014. Il s’agit de trente tirages 40 x 60, photos couleurs argentiques réalisées pendant les trois semaines de résidence à Fiac dans le Tarn avec les enfants des écoles primaires, trois vidéos noir et blanc, d’autant plus obsessionnelles qu’elles passent en boucle, et la musique électro-acoustique de Thomas Hisbert qui participe fortement à l’ambiance générale. Les enfants ont entre 8 et 11 ans, l’âge des grands questionnements d’ordre sexuel et métaphysique. Ces images, qui semblent bouger quand elles sont fixes et qui semblent immobiles quand elles bougent, sont une métaphore de la propre enfance de l’artiste.
On n’est pas dans l’innocence sucrée mais dans une réalité dure dépourvue de tendresse mais d’une incroyable vitalité. Les cadrages très serrés dépassent l’échelle 1, la lumière décline, les couleurs sont violentes, l’intensité des regards et des gestes atteint un paroxysme qui fait qu’on ne sort pas indemne de cette salle sombre et intense.

Mezzanine Sud jusqu’au 1er mars / Abattoirs
www.lesabattoirs.org

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