Circa 2018
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Du cinéma autrement, mémoire vive

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Du au

L’exposition Du cinéma autrement à la médiathèque Cabanis clôture brillamment le cycle d’événements consacrés aux 50 ans de la Cinémathèque de Toulouse.

42 300 copies inventoriées, 500 000 photos, 75 000 affiches, collections d’appareil de projections et de prises de vues, de costumes, de documents et ouvrages divers… L’institution toulousaine, façonnée par son créateur Raymond Borde, est aujourd’hui considérée comme l’un des trois principaux lieux de la mémoire du cinéma en France. Cette richesse des collections se dévoile jusqu’en mars 2015 sur tous les étages de la médiathèque.

The look of love

L’exposition met en perspective la diversité des sources constituant son histoire par dix modules clairement identifiables. « Les origines du cinéma », « Un film, plusieurs affiches », « Les réalisateurs » ou bien encore « Les Cinémathèques » rendent compte à la fois d’une mémoire universelle du cinéma et de la spécificité du fonds toulousain. Pivot essentiel, le module consacré aux cinémathèques décrit la relation privilégiée instaurée par Raymond Borde avec ses alter ego naissants, comme avec celle de Cuba dans les années 60 et 70, de la Cinémathèque royale de Belgique, de Suisse ou de façon plus appuyée encore avec le Gosfilmofond (archive du film d’URSS puis de Russie). Liens qui, au fil des ans, ont permis de constituer à Toulouse un fonds unique au monde de films soviétiques et russes.

La Grande illusion

Œuvre majeure du patrimoine français, ce film de Renoir résume à lui seul la mémoire de la cinémathèque de la rue du Taur. Coupé au montage en France dès sa sortie en 1937, déclaré « ennemi cinématographique n°1 » dans l’Allemagne d’Hitler, il fut confisqué par les Nazis en 1940. En 1945, lorsque l’Armée Rouge entre dans Berlin, elle saisit comme trophées de guerre de nombreuses œuvres d’art, dont des pellicules conservées par le Reichsfilmarchiv. Parmi elles se trouvait le négatif original de La Grande illusion. Recherché par Renoir toute sa vie, il est entré dans les collections de la Cinémathèque de Toulouse dans les années 70, grâce au don du Gosfilmofond résultant de cette amitié entretenue par Raymond Borde. Une restauration réalisée en 1997 permettra de voir enfin le film dans son intégralité.

Mélodie en sous-sol

Raymond Borde a également entretenu des amitiés fortes avec quelques réalisateurs qui ont légué à la Cinémathèque plus que des films. À travers des artistes hors-normes qui ont construit tout au long de leur vie une filmographie hors des sentiers battus, nous pouvons voir dans l’exposition le costume plus que léger d’Isabelle (La Fiancée de Dracula de Jean Rollin), ou les documents de travail fiévreux de Jean-Daniel Pollet (scénario de L’Acrobate, relevés de tournage…), mais aussi des dessins et scénarios de Yan Le Masson pour son documentaire antimilitariste J’ai 8 ans. En plus des affiches ou autres correspondances manuscrites, le rez-de-jardin de la médiathèque abrite des dons de collectionneurs, dont des unes de revues, ces dernières alimentant le versant populaire de la cinéphilie -pan important de ces collections- tout comme les photos de stars dédicacées exposées aux étages.

La collection continue de s’enrichir, illustrant vitalité et désir de conservation d’un patrimoine mis à l’honneur dans cette exposition qui sème ses pépites tel un petit Poucet dans toute la médiathèque. Amoureux du cinéma ou passionné de techniques cinématographiques, tout un chacun peut y trouver son bonheur.

Jusqu’au 15 mars / Médiathèque Cabanis

www.lacinemathequedetoulouse.com
www.bibliotheque.toulouse.fr

Affiche polonaise de Zazie dans le métro

© Jolanta Karczewska

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