Circa 2018
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Le Marathon des mots

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Du au

Juin revient avec son cortège de festivals parmi lesquels le Marathon des mots, à la fois vitrine glamour et occasion unique de se frotter l’oreille aux littératures du monde.

Moins de têtes d’affiche et d’establishment dans le dosage, le virage est engagé vers les langages et les formes actuelles, davantage en prise avec les contre-cultures, où la musique prend bonne place.

 Prise au monde

Dès l’ouverture cette édition 2015 annonce la couleur : le Metronum accueille à Borderouge le groupe Mashrou’ Leila qui porte via un rock indé métissé de tas d’influences, tziganes, jazz, électro, les thèmes chers à la jeunesse libanaise d’aujourd’hui. Liberté sexuelle, satire sociale et critique politique, leurs préoccupations sont celles de tous les jeunes de la planète, avec une liberté d’expression évidemment fortement revendiquée.

Leur présence, ainsi que celle d’une quinzaine d’écrivains libanais et syriens, ouvre une fenêtre et crée un bel appel d’air sur ce Moyen-Orient que le Marathon affectionne depuis son origine. Ecrivains, poètes, chanteurs sont présents pour nous dire comment on vit et pense là-bas, dans ces pays dont nous ne percevons parfois que les échos déformés des journaux télévisés. Autre média, même souci, la projection du film Eau argentée, Syrie autoportrait à l’ABC met une focale intime sur la révolution syrienne. Ossama Mohammed le réalisateur, exilé en France, a composé un film mosaïque à partir d’images Youtube et de ses échanges avec Simav, une jeune syrienne d’origine kurde restée sur place… Eclairage sur les conflits et les enjeux politiques, mais aussi débat d’idées sur les cultures et les croyances actuelles : le Marathon invite également Abdennour Bidar, philosophe et spécialiste de l’islam, pour débattre de la question « Peut-on ne pas croire en dieu ? ». Sa Lettre ouverte au monde musulman est parue juste avant les attentats de janvier dernier. Un hommage sera d’ailleurs rendu par cette édition à Bernard Maris, notre cher Oncle Bernard, victime de la fusillade à Charlie Hebdo.

 Mots en musique

On sort donc des lectures un brin confites en lieux feutrés pour retrouver le grain de folie qui manquait parfois au Marathon des mots. Plus axée sur les formes transdisciplinaires, où interviennent des mots d’auteurs, mais aussi la prose de chansonniers, de fantaisistes du verbe comme Dick Annergarn et de rockeurs rebelles, l’édition 2015 se colore différemment et fait agréablement craquer les coutures. Littérature et chansons, ça sonne comme un duo rebattu bien connu, mais la variété des propositions a du piquant. Les Grandes Bouches revisitent notre histoire républicaine en mettant Jaurès à la fête avec le poète Francis Ricard. Le groupe Feu ! Chatterton, découvert en première partie de Fauve, met l’étincelle à la prose d’Eric Reinhardt pour un concert littéraire autour de son roman L’amour et les forêts.

La jeune L, auteur-compositeur-interprète, s’allie à la comédienne Judith Henry pour faire sonner la grande Sagan à l’heure des bilans Je ne renie rien devient Sagan enchantée. Marie Modiano, « fille de » mais surtout poète, chanteuse et écrivain elle-même, nous embarque Sur les traces de Patti Smith en compagnie du musicien Peter von Poehl. Le malicieux François Morel lui, nous emmène en lecture et en musique sur les photos et textes inédits de Robert Doisneau avec des complices de choix, Eric Caravaca, Bastien Lallemant, et le non moins facétieux Jean-Paul Dubois, écrivain génial et plein d’humour. Un écrivain du cru qui vit à Toulouse comme Benoît Séverac et Didier Goupil, auteurs régionaux auxquels le Marathon cette année fait une petite place, et l’on s’en réjouit !

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