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Jeanne Candel

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Du au Théâtre Garonne

Après Robert Plankett et Le crocodile trompeur, Jeanne Candel revient au Théâtre Garonne du 4 au 14 Février pour Le Goût du faux et autres chansons, avec la complicité du TNT.
Pousser le théâtre vers des territoires inconnus, insuffler au récit l’oxygène de la musique et de la chanson : le collectif La vie brève et la jeune metteuse en scène Jeanne Candel creusent l’idée d’un théâtre neuf tissé de multiples envies.

Cousu main

Dans le bâti des précédentes créations ?

Jeanne Candel : J’ai l’impression qu’il n’y a pas de rupture, je reste obsédée par la recherche et l’art de l’acteur. Mais en même temps, j’ai toujours le désir d’aller vers de nouveaux territoires. Pour moi, c’est vital de se déplacer, de se mettre en déséquilibre. C’est un moteur, même si c’est aussi une source d’angoisse. On travaille sans arrêt poussé vers des méthodes et des contenus nouveaux et le fait qu’on soit nombreux apporte toujours plus de diversité et de richesse.

La forme d’un patchwork théâtre/musique ?

J C :Il y a douze comédiens et trois acteurs-musiciens sur ce projet. L’expérience récente du Crocodile trompeur – Didon et Enée d’après Henri Purcell a laissé des traces indélébiles, très fortes : on ne peut plus se passer de musique. On cherche désormais de la musicalité dans le théâtre ou le geste théâtral dans la musique, les deux s’entremêlent. Dans l’esprit des mises en scène de Christoph Marthaler ou de Heiner Goebbels. Je suis aussi très imprégnée de tout ce que j’ai vu en danse contemporaine, par les spectacles de Pina Bausch notamment. J’ai été ouvreuse dans un théâtre, j’y ai vu des tas de choses, c’est une école formidable pour affiner son regard.

Un ouvrage collectif

J C :J’ai repris des comédiens avec lesquels j’avais déjà travaillé, soit sur le dernier spectacle soit précédemment. Nous sommes amis, nous formons une sorte de communauté dans laquelle chacun propose sa partie. Cet apport personnel de chacun, le fait d’être toujours en mouvement, de requestionner pourtant chaque fois la méthode, c’est une exigence qui nous pousse. Je propose des pistes mais pas une dramaturgie, on est surtout guidés par des questions qui nous traversent perpétuellement. Le travail avance par accumulations, par résonances, par contrepoints. C’est des collages, des bricolages, des réglages jusqu’à ce qu’on revienne à « qu’est-ce qu’on raconte ? ». Il faut trouver l’équilibre et faire un montage de toute cette matière, sans perdre le plaisir, la joie.

Un fil rouge, même réducteur ?

J C :Il y a trois lignes de construction qui se tressent les unes aux autres : premier élément, un tableau du XVIIe siècle autour duquel s’enracine le récit. Après un court prologue, les acteurs racontent ce tableau, toute sa glose, et superposent les histoires par strates. Le spectacle dans son entier parle de la représentation, de l’art, des faux-semblants, des équivoques, des trompe-l’œil : comment on représente les choses, comment on se raconte des histoires… Deuxième axe : on suit un auteur, sa difficulté d’écrire et sa descente aux enfers. Dernier axe : on suit dans leur vaisseau deux cosmonautes isolés du monde, dont l’un est pris d’une grande mélancolie. Le tout est entrecoupé de séquences comme des haïkus, de tableaux qui empruntent autant au théâtre qu’à la musique. L’idée c’est comment, pour les acteurs, retrouver une unité, un souterrain commun dans une grande diversité. Aux yeux des spectateurs, c’est comme un grand tissu déployé…

www.theatregaronne.com

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