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Festival In Extremis au Théâtre Garonne

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Du au Théâtre Garonne

Toujours éclatée tous azimuts dans les disciplines, mais autrefois concentrée sur un week-end, la formule In Extremis du Théatre Garonne essaime aujourd’hui sur plusieurs mois d’où son format XL.

Garonne dans les marges

Spectacles, performances, installations, résidences, des formes artistiques très variées foisonnent jusqu’en avril, en écho à la saison principale. Une fenêtre ouverte sur la création contemporaine en train de se faire.

Formes singulières, projets en cours

Le festival s’est fait une spécialité de donner à voir des formes inattendues ou des projets en gestation. Donner l’occasion d’un éclairage différent sur l’œuvre d’un artiste, montrer une étape de travail d’une équipe accueillie en résidence (cette année la danseuse Kaori Ito, le Théâtre Tattoo et le chorégraphe américain Trajal Harrell) ou une petite forme insolite qui détonne dans un parcours, associer expositions et performances aux propositions centrales d’une compagnie, etc. telle est l’ambition d’une programmation placée sous le signe du ludique et de la découverte. A grignoter donc, au gré d’envies multiples. Cette année, le programme couvre une large palette, qui va de l’installation sonore et visuelle (INFRA d’Arno Veyrat investit les galeries du théâtre) au théâtre performance (All ears de Kate McIntosh a des allures de studio d’enregistrement interactif avec le public) en passant par une performance silencieuse avec spectateurs qui se déroule dans une salle de lecture (The quiet volume à la Bibliothèque du Périgord). Entre autres.

Artistes du cru

Parmi les artistes donnés à voir dès ce mois-ci, le Théâtre Garonne a proposé à des compagnies locales de rendre compte des recherches qu’elles mènent et des projets passionnants qui les animent. Parmi elles, la compagnie Oui Bizarre menée par la metteuse en scène de théâtre Isabelle Luccioni dont on connaît le goût pour les auteurs exigeants (Thomas Bernhard, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute…) et qui redevient ici comédienne pour dire le fameux monologue de Molly Bloom, chapitre XVII d’Ulysse de James Joyce dans une traduction intégralement revisitée. Autre opus, le travail du danseur et chorégraphe toulousain Pascal Delhay avec son compère Philippe Dupeyron sur la figure tutélaire de la mythologie juive, le Golem : dans cette rêverie autour de la créature d’argile qui préfigura Adam s’incarnent des autoportraits fugaces.

Gens d’ailleurs

à ne pas manquer bien sûr dans cette sélection forcément arbitraire, le solo de l’inclassable Jonathan Capdevielle, marionnettiste, ventriloque, danseur et chanteur tout autant que comédien. Saga revisite l’histoire de sa propre famille, agitée de traumas autant que de bonheurs, dans un habillage sonore et visuel fait d’archives perso et de play lists nostalgiques. Mais rien à voir avec la mièvrerie, le personnage dépote ! Autres connexions avec l’intime, le spectacle Par cœur est une magnifique ode à l’humanité, une invitation à la résistance, toute entière contenue dans le fait d’apprendre un simple poème. Le comédien et metteur en scène est Tiago Rodrigues, compagnon occasionnel du Tg Stan. Autre proposition, ludique par excellence, le Karaoké(art) de David Freeman et Random Scream : les spectateurs sont invités cette fois, non pas à apprendre par cœur un poème, mais à sélectionner un titre musical sur lequel va être projetée une vidéo conçue par de grands artistes comme Steven Cohen ou Tim Etchells. Air de Vincent Dupont part d’un vieux film inachevé de l’ethnologue Jean Rouch et lui invente une suite sur les textes du poète Charles Pennequin. Quant à Latifa Laâbissi, elle invente un rituel elle-aussi dansé et chorégraphié pour dire au public Adieu et merci. A découvrir.

www.theatregaronne.com

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