Banniere Altigone saison 2017-2018
PlacedelaDanse-CDC

Taxi Téhéran

0
Sortie en salle le

Impossible d’ergoter sur le cas de Jafar Panahi. On ne peut pas transiger avec le sort de ce cinéaste iranien parqué à résidence, sous le coup d’une interdiction de tourner. Il refuse la censure en faisant clandestinement des films, qu’il arrive à faire circuler dans le reste du monde, via les grands festivals. C’est un combat à soutenir. On se souvient de l’abracadabrante histoire de Ceci n’est pas un film arrivé à Cannes dans une clé USB. Cela ne m’empêche pas d’être un peu mitigé vis à vis du dernier en date.

Taxi Téhéran raconte une journée dans un taxi conduit par le cinéaste lui-même, au gré des conversations de ses clients. La vision en coupe d’un Iran populo est saisissante. Via cette tribune libre émerge l’idée que la plupart des interdits des ayatollahs sont contournés. De ce point de vue, Taxi Téhéran est absolument réjouissant, d’autant plus qu’il fait de vrais détours vers la comédie. C’est plutôt son principe qui peut faire tiquer, son envie de se présenter comme un documentaire, reprenant parfois les codes de la télé-réalité (Loft story dans un taxi ?) alors que les effets d’une mise en scène beaucoup plus construite qu’elle n’en a l’air, d’une fiction parfois surécrite, sont rapidement visibles.

On n’ira surtout pas jusqu’à dire que la position martyre de Panahi est un alibi utile –répétons encore une fois la nécessité, culturelle, politique, de le soutenir– qui lui fournit les plus beaux éloges depuis le festival de Berlin, où Taxi Téhéran a décroché un Ours d’or. Mais on peut être un rien circonspect devant une certaine artificialité qui atténue la courageuse part de défiance envers le gouvernement iranien…

Distributeur : Memento Films Distribution

 

Share.

About Author

Leave A Reply