Banniere Altigone saison 2017-2018
PlacedelaDanse-CDC

Le Muséum de Toulouse fête ses 150 ans

0
Du au Muséum de Toulouse

Une enquête généalogique est lancée pour retrouver les descendants des donateurs et des rendez-vous sont proposés au public pour découvrir le patrimoine du Muséum. Le directeur Francis Duranthon répond à nos questions.

Pourquoi titrer cet anniversaire : L’incroyable voyage ?

C’est un incroyable voyage puisque nous allons au cours de cette année revisiter des pans de notre patrimoine, qui est d’une certaine manière le reflet de l’histoire de notre pays.

En 150 ans d’histoire des sciences, il y a eu de grands bouleversements techniques, technologiques, scientifiques et industriels qui ont complètement modifié le rapport que l’homme entretient avec le monde. Et lorsqu’on regarde nos collections, on remarque aussi qu’il y a beaucoup d’objets qui proviennent de sites qui se situent en dehors de la métropole et qui témoignent de l’activité des personnes qui ont œuvré au Muséum et contribué à l’enrichissement de ses collections. Nous allons essayer de travailler tous ces aspects au cours de cette année anniversaire.

Comment constitue-t-on une collection en 150 ans ?

L’histoire des collections est variée. Elles sont à la fois le fruit de politiques d’acquisitions qui ont été menées par l’équipement et celui des chercheurs qui ont travaillé au sein de l’établissement.

Globalement, le monde des musées a connu une bascule extrêmement importante pendant la période d’avant-guerre : c’était des lieux qui produisaient du savoir enrichi par les personnes qui y travaillaient. Par la suite, l’Université s’est restructurée et le CNRS est né. Au profit de l’éducation, les missions de recherche auxquelles se consacraient les musées sont passées au second plan.

Lorsqu’on étudie la manière dont nos collections se sont constituées, on observe que le choix portait sur l’exposition d’un savoir que le public ne connaissait pas et qu’il n’avait jamais vu. L’histoire a fait qu’au début, l’élaboration des collections a contribué à forger l’image de l’ailleurs et donc du mythe colonial. Mais attention ! Ces dernières n’ont pas été seulement le fruit de l’expansionnisme français. Elles se sont formées de différentes manières : grâce aux collectes effectuée sur le terrain, aux dons remis par des bienfaiteurs, mais également avec l’achat par le Musée de nouvelles pièces.

En octobre 2015, une grande exposition temporaire va avoir lieu. Quelle sera-t-elle ?

Elle sera centrée sur notre patrimoine : c’est-à-dire nos collections. Nous allons d’une certaine manière « vider nos réserves ». Nous nous sommes dit 150 ans, cela équivaut à 150 objets ou 150 types de collections. Ces dernières vont nous permettre de jeter un regard sur notre patrimoine. Nous allons donc concevoir cette exposition à partir du concept de sémiologie des objets : comment un même objet peut être porteur d’enjeux et de discours multiples. Aujourd’hui, il y a sur la surface de la planète de nombreux enjeux qui permettent de développer des discours et de mettre en perspective un certain nombre de pièces. Au gré de la visite, chacun pourra picorer les choses qui l’intéressent.

Vous parlez aussi d’une programmation culturelle ambitieuse…

La thématique de l’année prochaine ce sera L’incroyable voyage, nous allons donc explorer l’histoire des sciences et la manière dont le Muséum a joué un rôle, quelque fois très prononcé dans l’émergence de certaines disciplines (en particulier pour la Préhistoire). Et la façon dont nous avons pu innover dans un certain nombre de techniques (la taxidermie par exemple). Nous traverserons aussi la question du patrimoine qui dénote aujourd’hui supporter de véritables enjeux. En effet, elle révèle des problématiques qui dépassent largement le Muséum et pose le constat que nos établissements sont de façon générale inclus dans un grand système avec lequel il faut composer. Je pense, entre autres, à la manière dont nous gérons le patrimoine dans les zones de conflits, les questionnements qui peuvent être soulevés en filigrane concernant le rapport au marché et les questions d’éthiques…

Concernant la saison culturelle qui rythme actuellement la vie du Muséum, (Les jeudis du Muséum, Les idées en marche, Les grands rendez-vous…), nous resterons sur les mêmes cycles de rencontres mais aborderons un certain nombre de questions avec des rendez-vous supplémentaires.

Nous nous sommes associés avec l’OCIM (Office de Coopération et d’Information Muséales), basée à Dijon, qui fête ses 30 ans, pour organiser tout au long de l’année une série de séminaires à travers toute la France qui aborderont la question du patrimoine dans différents domaines. Début mars, nous serons à Montauban autour du patrimoine naturel, ensuite à La Rochelle pour le patrimoine extra européen, Lille pour l’industriel et enfin Strasbourg pour l’universitaire. De tous ces séminaires de préparation naîtra un colloque au Muséum de Toulouse en mars 2016 autour du patrimoine immatériel qui vient d’être reconnu par l’Unesco. D’ailleurs, nous travaillerons aussi sur cette question durant toute la saison.

De plus, prochainement, une réserve nationale géologique va voir le jour dans le Sud du Lot. Un colloque international sur la notion de géo patrimoine (patrimoine géologique) sera organisé en septembre. Une vingtaine de pays viendront s’exprimer autour de ces problématiques.

Quelles sont vos attentes derrière l’anniversaire de ces 150 ans ?

C’est que le public vienne évidemment ! (rires). Depuis sa réouverture le Muséum s’est positionné comme une plateforme culturelle. Un lieu propice aux débats. Mais notre objectif, c’est de surtout donner aux visiteurs un certain nombre de clefs qui leurs permettent de se forger leur propre opinion et de mesurer l’ampleur des défis qui nous attendent tout au long du XXIe siècle.

Ce Muséum est un bien public. Et c’est une belle manière pour les visiteurs de se l’approprier et de contribuer à l’enrichissement de ses collections. D’ailleurs, nous avons lancé une enquête généalogique pour retrouver les descendants de nos donateurs. Nous souhaiterions les réunir pour l’inauguration de l’exposition. Sans leur intérêt exprimé pour cet équipement, nous n’en serions pas au niveau où nous en sommes aujourd’hui. Si des personnes héritières de potentiels bienfaiteurs ont des informations sur leurs contributions, ils peuvent se manifester jusqu’au mois d’octobre.

www. museum.toulouse.fr

L’anniversaire en quelques dates :

  1. Aux alentours du 15 juin, installation à l’attention du jeune public d’une exposition/installation des illustrateurs Kiki et Albert Lemant.
  2. Fin septembre : congrès international sur le géo patrimoine
  3. 15 octobre : lancement de la grande exposition temporaire.
  4. Et des rendez-vous réguliers jusqu’à juin 2016.
Share.

Leave A Reply