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Julius Caesar – Pièces détachées

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AVE ROMEO ! > Romeo Castellucci est de ces metteurs en scène qui ont marqué l’époque de quelques beaux scandales, de spectacles inoubliables et continuent à ne laisser personne indifférent. Son « intervention dramatique sur William Shakespeare » installée au cœur du Musée des Augustins est une occasion d’aller se frotter à son œuvre via un fragment.

Echos

Il y a dix-sept ans Castellucci mettait sur scène pour la première fois la figure de Jules César, « d’après Shakespeare et des historiens latins » une « pièce détachée » du même grand puzzle des pezzi staccati, où s’affrontaient deux discours incarnés par deux personnages : …vski, une sorte de Stanislavski, père du théâtre réincarné qui filmait en gros plan ses cordes vocales pour donner à voir au public le cheminement de la parole libre et de la voix, instrument phare du comédien et de l’art oratoire ; et Marc Antoine, personnage ayant subi une laryngectomie, qui figurait par sa parole à peine audible et sa gestuelle un appel au peuple pris dans la gangue de la statuaire antique.

Corrosif

Il retrouve aujourd’hui ces deux personnages, resitués dans un nouveau fragment, avec toujours la même obsession pour le discours empêché, pour la parole gangrenée par la rhétorique. Dans le cadre hors norme du Musée des Augustins où rêvent les statues de marbre, le spectacle Julius Caesar ramassé sur cinquante minutes met en présence tous les ingrédients de l’univers de Castellucci : projections et vidéo car l’homme est un extraordinaire plasticien de plateau, comédiens jusqu’au-boutistes et exigence dramaturgique car il a la science de ce qui fait théâtre.

Son théâtre « total » est une expérience qu’il faut avoir vue et vécue au moins une fois pour en appréhender la teneur si singulière. Castellucci n’est pas un simple amateur de belles lettres ni juste un amoureux des mots, il produit à chaque spectacle un appareil théorique complet et une installation plastique qui accompagnent ses créations. Il pratique le théâtre comme un art de la vision, parfois obscur, souvent dérangeant, qui bouleverse le spectateur et l’oblige à regarder en face ce qu’il peut y avoir d’irreprésentable dans sa condition.

En savoir plus : www.theatregaronne.com

A noter que Castellucci himself sera à Toulouse en conférence indisciplinée le 28 avril au Théâtre Garonne à l’invitation de la compagnie Nanaqui dans le cadre du cycle des « Maîtres ignorants » dont est partenaire le Ring.

En savoir plus : Cie nanaqui programmation

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