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L’éducation populaire, Monsieur, il n’en ont pas voulu

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INDISPENSABLES GESTICULATIONS > Aujourd’hui, la popularité de Frank Lepage et de ses conférences gesticulées n’est plus à faire. Pourtant, c’est par un concours de circonstance qu’en 2010, Gilles Guérin découvre L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu… Un texte percutant sur la place de la culture en pays capitaliste, qu’il présente ce mois-ci au Fil à Plomb.

Un ami syndicaliste tend un jour le livre à Gilles : « Lis. C’est toi. J’en ai assez de t’entendre ruminer. Fais-le ». Bien qu’issu de filières des plus classiques (ENSATT, Conservatoire de Paris), il retrouve dans les mots de Frank Lepage nombreuses de ses colères et indignations. Il partage l’idée que l’art permet l’expression d’une réalité sociale, individuelle et collective. Une appréciation du monde « maintenant réduite à néant » selon lui.

Pendant une heure quarante-cinq, il raconte l’histoire de l’éducation populaire : ce qu’elle est devenue, ce qu’elle aurait pu être. Avec humour et décalage, il nous livre une évaluation, âpre mais jouissive, de la culture « avec un grand CUL ». Dans un jeu direct, en complicité (parfois collision) avec le public, il fustige le concept de démocratie culturelle.

«C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches».

Un poireau à la main, il donne vie au sociologue Frank Lepage, mais aussi à Christiane Faure, personnage injustement méconnue. Au sortir d’une seconde guerre très meurtrière, elle sera à l’origine d’une « idée toute simple » : pour qu’une telle barbarie ne se reproduise jamais, il est de la responsabilité de l’État de prendre en charge l’éducation politique des adultes. « Pourquoi ne se pose-t-on plus ces questions-là ? Tout a été complétement omis ». A l’évidence, parler d’éducation populaire, de projets visant à améliorer notre système social, n’est culturellement plus correct.

« C’est devenu un gros mot –confie Gilles– parce que ça fait peuple, comparé à LA Culture qui elle, est l’expression forte issue de la vision de la France d’en haut ». Un espace de réflexion prioritaire.

En savoir plus : http://theatrelefilaplomb.fr et http://ciemiseenoeuvre.com

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