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La piscine

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Du au Espace Croix-Baragnon

10 artistes à la piscine > Envie d’été, de jeux, de rires, d’oisiveté… pas si simple pour les artistes qui exposent à l’Espace Croix-Baragnon autour du thème de La Piscine.

7 artistes (ou plutôt sept entités artistiques puisque l’Atelier deux-mille compte quatre personnes) nous proposent leur vision, leur fantasme concernant cette masse limitée bleue, ondoyante, lumineuse. La palette est large. Certes on n’a pas les fameuses piscines qui sont l’icône des peintures de David Hockney, mais une célèbre vidéo de sept minutes du grand Bill Viola, de loin le doyen du groupe. Reflecting Pool, comme beaucoup de ses œuvres, nous plonge dans la durée d’un abîme métaphysique. Cette vidéo occupe l’essentiel de l’espace du premier étage que l’on quitte, tout chamboulé en passant près du Mètre Cube de l’atelier deux mille : un trompe-l’œil qui reproduit la surface et la profondeur de l’eau à partir d’un procédé inspiré des cascades chinoises animées. Le kitsch a disparu, pas la magie.

Les autres artistes se partagent le rez-de-chaussée. En vitrine : une trentaine de corps féminins moulés en latex sur des mannequins par Camille Lorin. Ces mues standardisées de l’espèce féminine occidentale type diffusent un étrange malaise que l’on retrouve dans sa vidéo : Jeunes filles dans l’eau.

Les baigneurs de Julia Huteau émergent de la masse compacte et raffinée de la porcelaine, procédé parfaitement maîtrisé par l’artiste. Une fois la première cuisson effectuée, il ajoute le dessin/émaillage qui va cuire une deuxième fois à une température encore supérieure et révéler des couleurs d’une étonnante subtilité.

Gilles Conan, précédemment éclairagiste pour le théâtre et la danse contemporaine, travaille la lumière dans ses œuvres plastiques, qu’elles soient liées à des contraintes architecturales ou indépendantes comme c’est le cas ici.

La plus jeune de tous les artistes présents dans cette exposition, Marlene Steyn est née il y a 26 ans en Afrique du Sud. Elle a étudié la peinture à Londres et propose un « patchwork de visages et de styles » dans ses toiles. Des mondes fantastiques émergent de différentes couches superposées, de styles mixtes qui conduisent son œuvre aux confins du surréalisme, du merveilleux, de l’enfance…

Enfin Yohann Gozard présente une partie de sa série Wonderpools initiée en 2006. Il s’agit de piscines, certes, mais des piscines absurdes, verticales et vides, des oxymores visuels et poétiques. Elles sont situées dans les zones ingrates de la périphérie des villes. C’est dans ce type de lieux que Yohann réalise ses images, « des paysages sombres irradiés par la seule lueur des villes », avec une rigueur technique et une patience hors du commun.

www.cultures.toulouse.fr

http://deux-mille.com

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