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2 questions à… Arto/Ramonville

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ARTO organise le Festival de rue de Ramonville mi-septembre ainsi qu’une Saison itinérante d’avril à octobre sur Toulouse, Ramonville et 5 autres communes du Sicoval. Avec des compagnies professionnelles venues de France et au-delà, l’association positionne son action au cœur de la cité en portant une attention particulière à la qualité des relations humaines.

ARTO organise le Festival de rue de Ramonville mi-septembre ainsi qu’une Saison itinérante d’avril à octobre sur Toulouse, Ramonville et 5 autres communes du Sicoval. Avec des compagnies professionnelles venues de France et au-delà, l’association positionne son action au cœur de la cité en portant une attention particulière à la qualité des relations humaines.

Qu’est-ce qui caractérise pour vous les arts de la rue ?

Pierre Boisson (directeur artistique) : La volonté de démocratiser réellement l’art, le rendre accessible à tous, sans négliger la qualité des propositions bien sûr ! Les arts de la rue doivent trouver leur place au plus près des habitants, ne pas s’adresser uniquement à un public d’habitués, pour faire sauter les barrières d’accès aux spectacles. La reproduction sociale est vertigineuse en matière de pratiques culturelles et ils constituent un outil de sensibilisation sans pareil. Encore faut-il que nous, programmateurs, organisateurs, « entremetteurs », réussissions à créer un contexte propice à l’attraction et à la rencontre autour de chaque représentation. C’est notre défi, s’adresser à l’ensemble de la population, faire connaître et apprécier le spectacle vivant à la plus grande diversité. Il s’agit pour moi d’un acte militant, proche des valeurs de l’éducation populaire. Le but final est de contribuer à l’épanouissement individuel et au mieux vivre ensemble grâce à ces actes artistiques qui s’immiscent dans les espaces de notre quotidien. La plupart des artistes qui choisissent de travailler hors des salles partagent ce bel idéal ! Plus concrètement, les arts de la rue se définissent surtout par leur interactivité avec le cadre dans lequel ils sont présentés. On peut donc dire qu’il s’agit de toutes formes de spectacles ou de propositions artistiques qui ne trouvent pas leur place dans une salle de spectacle.

image pierre boisson


Comment votre nouvelle saison prend-elle en compte le contexte économique, politique et social ?

Nous considérons notre travail comme un acte politique en soi au sens le plus large du terme. Les arts de la rue se positionnent au cœur de la cité. Nous interagissons en permanence avec les habitants. Les arts de la rue tels que nous les connaissons aujourd’hui sont nés de la volonté de libérer et d’amplifier la parole des artistes. En cela ils doivent représenter une force libératrice et émancipatrice.

En ce qui concerne notre programmation, nous ne nous interdisons aucun thème, aucune forme de spectacle. Nous préférons toutefois les propositions à multiples niveaux de lecture, plutôt que les spectacles moralisateurs ou péremptoires. Nous souhaitons que les spectateurs partent avec des questions, des émotions, plutôt qu’avec des réponses parfois trop simplistes. Le rêve, la poésie, mais aussi le rire nous intéressent. Lui aussi est libérateur. Lui aussi permet de prendre de la distance et par là même d’affiner notre lucidité sur le monde dans lequel on vit.

Notre engagement se situe donc plus largement dans nos motivations à travailler dans ce secteur, dans la manière d’exercer notre métier d’acteur culturel plutôt que dans le contenu formel des spectacles que nous programmons.

A l’heure actuelle, réunir des centaines de gens de tout horizon, tout milieu socio-culturel, autour d’un moment artistique et festif en pleine rue, c’est déjà un acte politique et militant en soi !

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