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Be felice

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Du au Lieu surprise sur Toulouse

La Compagnie d’Elles présente sa dernière création Be felice dans le cadre de la saison itinérante de spectacles de rue d’ARTO. Ce spectacle de cirque puise ses inspirations dans “La fuite à cheval très loin dans la ville” de Koltès.

« Le cirque, ça ne s’écrit pas. Ça se fait ! » disait Henri Guichard, l’ancien directeur du Lido, à Yaëlle Antoine lors de sa formation. Pour autant, le matériau texte est un véritable moteur d’inspiration pour la metteure en scène de la Compagnie d’Elles. La fuite à cheval très loin dans la ville de Koltès nourrit son nouveau projet Be Felice : du cirque protéiforme, entre fulgurances oniriques et visions décalées, dans un parcours sonore conçu pour une ligne droite. Le travail sonore a été réalisé pour une écoute intime, dans un casque distribué à chaque spectateur, permettant variations de temporalité et sensations de vertige. La ligne (100 mètres de long !) dégage les perspectives.

« J’avais besoin d’ouvrir l’espace. C’est excitant et passionnant car cela demande de s’adapter et de trouver une nouvelle réponse à chaque fois » nous dit Yaëlle, qui n’en pouvait plus des espaces traditionnels de la salle et du chapiteau. « J’avais la sensation de tourner en rond. Pour moi, il fallait absolument que l’on se lève et que l’on change le spectateur, trop passif et aliéné». Libération qui prévaut aussi du côté des interprètes. «Je ne suis plus le focus, la chose que l’on est venue regarder. Je m’inscris dans un paysage.» confie Marion Guyez.

Image Cie d Elles

© Claude Petitjean

 

Be Felice a été créé directement dans la rue. « Le cirque participe d’une rupture visuelle et rythmique avec le quotidien» poursuit Yaëlle. «On reste dans la vie, par rapport aux répétitions dans un théâtre où tu t’enfermes complètement. Là, reste toujours cette porosité avec le monde. C’est nourrissant» complète Marion. « Lors d’une étape de travail, je vois une femme -qui ne savait pas que nous étions en train de travailler- traverser au milieu de l’espace scénique. Elle est passée pile au bon moment et au bon endroit. Elle est dans le spectacle maintenant (rires). On est en réaction constante à l’espace public» précise Yaëlle.

 

Ne vous attendez pas à retrouver l’œuvre originale de Koltès car celle-ci a été avalée puis digérée. Yaëlle Antoine propose un cirque transposé, émietté voir défiguré : « Je m’engage dans des expérimentations, dans des sentiments, des développements. Je ne détermine rien, je n’affirme rien, je cherche ».


> Ecoutez la rencontre avec Yaëlle Antoine et Marion Guyez  :

> En savoir +

 

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