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MON ROI

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Sortie en salle le

Pour autant qu’on ait apprécié Polisse, il subsistait la gêne d’un film double : la chronique du quotidien d’une brigade des mineurs et celle de la photographe qui les suivait. Autant dire que cela avait aussi, même si ce n’était pas intentionnel, des airs de films sur Maïwenn -elle interprétait cette photographe. Un souci similaire se pose dans Mon roi. On pourra passer sur les échos de possibles éléments autobiographiques -ce film serait inspiré de la relation entre la réalisatrice et Jean-Yves Le Fur, homme d’affaire et play-boy- mais ce n’est pas ostentatoire et on peut s’en foutre comme des « romans » de Christine Angot.

Difficile en revanche de faire l’impasse sur la dichotomie entre une fusion amoureuse qui va se déliter et la reconstruction de cette femme sortie de l’emprise de son mari. Ces deux versants s’entremêlent tout au long de Mon Roi, mais ne racontent jamais la même histoire. La partie sur la convalescence appuyant dans sa vision balourde des rapports de classe, un côté « souci de riche » qui finit de rendre antipathique celle qui est initialement présentée comme une victime. La subtilité du portrait d’un homme séduisant malgré son égoïsme (Vincent Cassel, parfait d’animalité et de bassesse masculine) ou la justesse d’observation de la mécanique du déclin d’une relation amoureuse, s’en retrouvent redoutablement atténuées.

Que Maïwenn tende irrépressiblement les bras vers un modèle –Nous ne vieillirons pas ensemble de Pialat- est attendrissant, qu’elle ne parvienne qu’à le caricaturer à force d’immodestie lors de certaines scènes -un pétage de plomb lors d’un déjeuner, une engueulade du couple en voiture…- est attristant.

Distributeur : StudioCanal

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