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Sébastien Bournac, nouveau directeur du Théâtre Sorano

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Publié le Sébastien Bournac

Le Théâtre Sorano a vécu bien des vicissitudes depuis le départ de Didier Carette en 2011 : dans la lignée des Sarrazin, Bousquet et Rosner, c’est Sébastien Bournac qui en prendra les rênes en janvier prochain avec sa compagnie Tabula rasa.
Après des années de compagnonnages nombreux qui l’ont mené sur les routes de la région et au-delà, ce coureur de fond va pouvoir,enfin, poser ses valises. Rencontre.

LE TEMPS DE LA SYNTHÈSE

Sébastien Bournac :Après toutes ces années de théâtre en région et des expériences aussi diverses qu’enrichissantes,
je vis cette nomination à la direction du Théâtre Daniel Sorano comme l’occasion d’une vraie carte blanche. Le
temps de la synthèse est venu. Ma compagnie n’est pas du tout conceptuelle, elle est le fruit de mon parcours personnel, depuis l’époque du Théâtre de la Colline où s’est forgé mon goût pour les écritures contemporaines jusqu’à ces années de théâtre qu’on a patiemment fabriqué et rodé dans de petits villages, en passant par ces dix ans comme prof de théâtre au lycée Fermat. Je ne suis pas quelqu’un de pressé, je suis plutôt un randonneur, un coureur de fond mais j’arrive toujours au but.

LE LIEU DE LA CRÉATION

Sébastien Bournac  : Ce théâtre est un lieu magique, emblématique, un symbole de la décentralisation théâtrale, un vrai théâtre d’acteurs et de textes. Avoir un foyer de création théâtrale pareil dans une ville comme Toulouse, c’est fondamental. On a beaucoup déconstruit, il nous faut redonner aux gens le goût des histoires, de la parole, des mots, de la poésie. Et redonner une place au dialogue avec les jeunes artistes. Pour cela, il va falloir tout d’abord mettre un terme à la consanguinité qui règne, puis aller chercher les gens au projet – il y a des tas de nouvelles compagnies en Midi-Pyrénées – et enfin collaborer, travailler en lien avec les autres théâtres de la ville, s’associer avec d’autres artistes,metteurs en scène, compagnies, collectifs, etc.

L’ ENDROIT DE LA DÉCOUVERTE

Sébastien Bournac  : Je veux travailler à faire apparaître ce qui n’existe pas encore. Je fais du théâtre dans le désir, du théâtre de l’émotion et j’adore les espaces de travail avec la jeunesse. Je veux mettre l’accent sur les jeunes compagnies émergentes et je garde à l’esprit l’idée qu’il faut vraiment s’interroger : qui sont les artistes de théâtre de demain à Toulouse et dans la région ? Qui comptera encore dans dix ans ? Les projets doivent être initiés dès le début pour que puisse émerger la prochaine génération d’artistes de la grande région. Il va falloir mettre la pression et faire monter le niveau.

THE PLACE TO BE

Sébastien Bournac  : Le Sorano, c’est un théâtre au cœur de la ville, avec une proximité unique entre le plateau et le public, j’ai envie d’en faire un lieu populaire et festif, d’y proposer des before et des after, des débats critiques, des formes artistiques qui l’ouvriront davantage sur le parvis… Un lieu où l’on viendra au théâtre mais aussi déguster des tapas ou des menus concoctés par des chefs. Un théâtre pour tous, où l’on parle du monde et qui vit, qui s’inscrit dans le monde.

LA CRÉATION FIL ROUGE

Sébastien Bournac  : Après La Mélancolie des barbares, après L’Apprenti qui tourne encore aujourd’hui, j’avais envie d’une nouvelle veine, plus joyeuse. Je raccroche avec Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis de Jean-Marie Piemme qui met en présence un chien qui parle et un portier sans illusions. Le texte est rigoureux dans la construction, mais sans complaisance, sans misérabilisme. C’est un théâtre de parole avec de formidables comédiens et une scénographie libre et
bordélique.
Propos recueillis par Cécile Brochard
> Dialogue d’un chien avec son maître du 3 au 7 novembre au Théâtre Sorano
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