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Yves Rechsteiner, directeur du festival Toulouse les orgues

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Publié le Yves-Rechsteiner

 

Ceux qui pensent que l’orgue est vieux et démodé se trompent. Le festival Toulouse les Orgues le montre durant dix jours en proposant pas moins d’une quarantaine de concerts mettant en valeur tous les claviers et les tuyaux du patrimoine local. L’occasion pour le public de voir d’un autre œil cet « instrument-machine » aussi massif que magique. A la tête du festival depuis l’an dernier, le directeur artistique Yves Rechsteiner évoque avec envie cette vingtième édition.

D’ organiste à directeur

Yves Rechsteiner : L’histoire du festival m’a précédé. Cette belle aventure s’est lancée avec Dominique Baudis. Même si cela ne fait que peu de temps que je suis à la tête de l’événement, j’y ai participé par le passé en tant qu’organiste. Ce qui m’a frappé durant ce festival, c’est la dense et riche activité qu’il génère. Nous pouvons croiser et échanger avec d’autres musiciens. Il représente un véritable lieu de rencontres très enrichissantes.

Un panel varié

Yves Rechsteiner : Depuis que je dirige le festival, j’essaie d’apporter mes goûts sans pour autant en oublier ce qui a fait sa force. Le public pourra ainsi apprécier la présence de Willem Jansen, un des fondateurs de Toulouse les Orgues, qui reprendra une pièce de Bach. Cameron Carpenter jouera un véritable récital, lui le virtuose au jeu éblouissant. Il s’appuiera d’ailleurs sur son orgue numérique qui diffuse le son sur pas moins de trente haut-parleurs. Le clou du spectacle sera la soirée du 10 octobre où, dans la basilique Saint-Sernin, se déroulera une projection de mapping sur de la musique électronique. En tout, nous proposons une quarantaine de concerts durant ces dix jours de festival entre les programmations du midi, du soir et les rendez-vous de 18 heures. Il y aura une proposition de styles musicaux assez rares, du baroque au symphonique. Tout le monde y trouvera son compte. J’aurai toujours au moins un concert à vendre.

Lubat, la référence jazz

Yves Rechsteiner : Bernard Lubat est un artiste qui se trouve toujours dans le processus de création. Il chante, joue de plusieurs instruments et est extrêmement doué pour l’improvisation, une forme de création. Bien qu’il découvre l’orgue, il possède une telle capacité d’inventivité que je voulais découvrir son univers, lui la grande référence de jazz. Lorsque je l’ai vu joué aux Musée des Augustins l’an dernier, il m’a scotché. Je l’ai cueilli à la sortie pour l’inviter au festival (rires).

Un aspect magique

Yves Rechsteiner : Bien que l’orgue connaisse une évolution qui ne plaît pas forcément à tout le monde, cet instrument garde toujours une place à part dans l’univers de la musique. Il n’y a rien de plus gigantesque que lui et il a un côté magique. A travers ce festival, je veux montrer qu’il est une usine à gaz fabuleuse avec son ensemble de tuyaux et de sonorités variées.

Double jeu

Yves Rechsteiner : Nous voulons déjà centrer le festival par rapport au patrimoine historique de l’orgue à Toulouse. Neuf d’entre eux sont d’ailleurs classés monuments historiques. Mais nous souhaitons aussi montrer cette année l’aspect technique de cet instrument et son côté unique. Il est important à la fois de mêler plaisir pur et pédagogie. L’orgue garde un certain côté négatif car on l’associe souvent à l’église et aux cérémonies religieuses. Nous voulons faire oublier au public les mauvais souvenirs qu’ils ont de l’orgue en s’appuyant sur la qualité de la programmation et sur l’accueil dans des lieux qu’ils verront différemment.

Propos recueillis par Fabien Calabresi

En savoir + > www.toulouse-les-orgues.org

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