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L’écoulement du paysage

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Du au Festival Graphéine Maison Salvan - Labège

Les quatre artistes qui participent à l’exposition L’écoulement du paysage dans la cadre du festival Graphéine se servent du « temps » comme outil, autant que de la matière qu’ils laissent sur le support.

Après une programmation 2014-2015 liée à l’espace très particulier de la Maison Salvan, on constate cette année un retour à un médium classique : le dessin. Le geste de la main est bien à l’origine de toutes les œuvres qui y sont exposées actuellement.
Les quatre artistes qui participent à l’exposition L’écoulement du paysage se servent du « temps » comme outil, autant que de la matière qu’ils laissent sur le support. « Jamais la Maison Salvan n’a accueilli autant de pièces » reconnaît Paul de Sorbier, responsable du lieu.

Dove Allouche, Marie Reinert, Jurgen Schilling et Julien Nicolas proposent tous les quatre des œuvres qui, réunies, tentent de trouver « un point d’équilibre qui permette d’imposer une expo à un lieu qui a une identité propre difficile à brouiller ».

DOVE ALLOUCHE

Dans le fascinant travail de Dove Allouche, Melanophila, plusieurs temporalités se percutent : l’événement historique avec le monstrueux incendie d’une forêt d’eucalyptus au Portugal, l’instantanéité de la photo, et, son contraire, la lenteur de la réalisation du dessin. 140 dessins ont été réalisés en 5 ans, le temps de la renaissance de la forêt.

MARIE REINERT

C’est aussi un dessin du temps que réalise Marie Reinert avec son disque monochrome réalisé avec un outil graphite 7B conçu par elle. Le regard est hypnotisé par ce disque, réalisé de manière obsessionnelle, dont le titre n’est autre que la durée de sa réalisation : Études-Gestes 4 :54 :54… en hors champ, un paysage, celui de son atelier.

JÜRGEN SCHILLING

Jürgen Schilling, installé dans l’Aude depuis plus de trente ans, travaille entre autres à une œuvre démarrée en 2011 et dont la fin n’est pas envisagée. Il s’agit du Panthéonique Projet. Au jour d’aujourd’hui, 250 dessins le composent. Le visage humain est traité comme un paysage. Depuis longtemps, Jürgen Schilling constitue une banque d’images : photos d’hommes politiques, ouvriers, hommes d’affaires, philosophes, malades mentaux, terroristes, militaires… sans jugement d’ordre moral. Comme dans un palimpseste, il superpose en les dessinant les traits de deux ou plusieurs personnages… et génère ainsi une fiction graphique troublante et dérangeante.

JULIEN NICOLAS

Julien Nicolas enfin, jeune artiste toulousain, propose une œuvre in situ, donc éphémère. Il travaille au feutre, à la bombe, au blanc d’Espagne, d’un geste automatique obstinément répété. La Maison Salvan lui offre un morceau d’elle-même « pour une œuvre où se rejouent le frisson de l’instant, la tension entre la maîtrise et l’accident. »

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