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Agnès Desarthe, invitée d’honneur du festival Lettre d’automne

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Desarthe-Agnes©RJPhotographies2015

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Le festival Lettres d’automne de Montauban, bien connu des fans de littérature, fête cette année ses vingt-cinq ans, avec comme invitée d’honneur, Agnès Desarthe. L’auteur a réuni autour d’elle pour l’occasion des amis écrivains, musiciens et découvertes. Son dernier roman Ce cœur changeant publié par les éditions de l’Olivier est en lice pour le prix Renaudot.

Ecrire à l’envie

Agnès Desarthe : Mon écriture s’est exercée dans des voies très différentes dès l’origine et dans plusieurs directions à la fois. La traduction, les livres pour la jeunesse, les nouvelles, le roman, les essais, etc., la diversité a toujours été présente. En tant que lectrice, j’aime être surprise, contrairement à certains lecteurs qui veulent retrouver un auteur, une voix et un même sillon. En tant qu’écrivain, j’aime explorer des longueurs, des tons différents. Je pratique la rotation des écritures, comme un jardinier la rotation des cultures. Une écriture, un format, me repose de l’autre, écrire pour les enfants repose de l’essai, le roman redonne de l’ampleur après la nouvelle. J’écris à l’envie, sans système de commandes, sans aucun calcul…

Comme un artisan

Agnès Desarthe : mais écrire bien sûr ce n’est pas que de l’envie, c’est un gros travail au mot à mot sur le rythme, sur les images, un artisanat exigeant. Il y a du jaillissant mais aussi des aspects très techniques où l’attention portée à la phrase, au lexique est primordiale : je n’écris pas au fil de la plume ce qui me passe par la tête (rires). J’écris surtout en faisant autre chose : j’y réfléchis longuement en cuisinant, en conduisant, puis d’un seul coup, j’invente le monde et là, je me mets à la table, dans une concentration proche de la transe. Etre écrivain, c’est un apprentissage constant dans lequel chaque expérience construit et enrichit. Il faut rester ouvert, naïf, ne jamais se croire « arrivé » et tout remettre en question à chaque livre. Ecrire ainsi donne des forces.

Parler des femmes

Agnès Desarthe : Je voulais écrire un grand roman d’aventures, généreux sur l’action et en situer l’action à la fin du 19e siècle car c’est une période qui partage certaines réalités avec la nôtre (au carrefour de deux siècles) et des questions sur la place des femmes. Je voulais que mon personnage principal soit une femme (elles émergeaient alors en tant que personnes dans la société civile) et devienne un fil qui nous fasse traverser toutes les couches de la société. C’est un roman initiatique : Rose, d’abord mutique, accède à la parole, puis à l’écriture. C’est toujours actuel car l’accès des femmes à la parole, à l’écriture, même aujourd’hui, n’est pas du tout un problème réglé.

Raconter une histoire

Agnès Desarthe : Pour moi le livre, c’est toujours de la fiction, au delà des distinctions de genre que l’on pratique beaucoup en France. Ce n’est pas le cas chez les anglo-saxons. Je traduis et je lis beaucoup de littérature de langue anglaise, j’écris aussi très souvent pour les enfants et pour moi, écrire c’est toujours raconter une histoire. Embarquer le lecteur, qu’il ne se rende pas compte de là où vous l’emmenez. « La musique des mots » c’est la clé d’une histoire : ce thème que j’ai choisi pour le festival a donc très vite émergé. S’y rencontrent toutes sortes de personnes, des écrivains amis, proches ou qui m’intéressent, des artistes que j’ai envie de mieux connaître, pour le plaisir ou pour en faire profiter les autres. Parmi eux, des complices de longue date comme Geneviève Brisac, Mona Thomas ou Anaïs Vaugelade qui illustre mes livres, mais aussi des découvertes enthousiasmantes comme Thomas Lavachery, des gens de théâtre, des musiciens.

Pour fêter ces 25 années d’aventures littéraires, Lettres d’automne invite également plusieurs écrivains et artistes des précédentes éditions : Nancy Huston, Sylvie Germain, Jean-Pierre Siméon, etc. Ces derniers proposent des rencontres ou lectures en lien avec le thème choisi par Agnès Desarthe, « La musique des mots ».

> Festival Lettres d’automne du 16 au 29 novembre
> Montauban et Tarn-et-Garonne
> EN SAVOIR +

 

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