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50 ans que l’ABC nous renverse

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En 1966, le Ciné-Club de la Jeunesse de Toulouse (CCJT) rachète le cinéma de Saint-Sernin pour en faire le premier cinéma art et essai de Toulouse. En janvier 2016, une semaine d’évènements fêtera les « 50 ans que l’ABC nous renverse » du 9 au 17 janvier. Retour sur une histoire vraiment toulousaine.

ABC est le plus ancien des cinémas de Toulouse. C’est un cinéma associatif indépendant qui, depuis sa création, défend la culture, les œuvres cinématographiques et favorise les rencontres avec les professionnels du cinéma.

La genèse

Dans l’après-guerre, Toulouse compte deux grands ciné-clubs : le Ciné-Club de Toulouse (CCT) pour les adultes et le Ciné-Club de la Jeunesse de Toulouse (CCJT), dirigé par Roger Clerc, professeur au Lycée Bellevue. Pierre Cadars et Guy Claude Rochemont, membres du CCJT à l’achat de l’ABC en 1966 et membres fondateurs de la Cinémathèque de Toulouse, témoignent de cette époque.

Pierre Cadars : « Il y a toute une génération née à la fin des années 40, qu’on appelle le baby boom, qui découvre la vie par le cinéma, c’est à dire comme culture et ouverture sur le monde (…). L’idée de Roger Clerc, c’est de replacer le cinéma dans une culture populaire ouverte à tous mais aussi d’intéresser les plus jeunes au cinéma (…). Guy Claude Rochemont : « Roger Clerc, c’est lui qui a fait la cinéphilie après-guerre avec son ciné-club de la jeunesse (…). A l’ouverture de l’ABC, il y avait 9000 adhérents, c’est quelque chose d’incroyable aujourd’hui».

Le Ciné-club de la jeunesse partage ses activités entre la salle Montaigne (ancienne cinémathèque et CRDP aujourd’hui) et la salle unique de l’ABC qui vient d’être rachetée par l’association de Roger Clerc. « D’entrée, l’ABC devient une des salles de France exemplaire en matière d’art et d’essai, ce qui permet une programmation passionnante à un moment où les salles de quartier disparaissent petit à petit et où le rapport au cinéma change, à cause de la télévision (…) » poursuit Pierre Cadars.

L’âge d’or

Le projet initial était d’adjoindre à la salle de projection un centre culturel où l’on puisse trouver des informations et former au cinéma les jeunes générations. En 1973, des travaux sont engagés pour aménager trois salles, un centre de documentation et une salle d’enseignement. L’ABC rouvre en 1975 et se recentre sur le cinéma d’auteur contemporain. Le patrimoine restant le domaine de la Cinémathèque.

Jean-François Le Mouël a passé 26 ans à l’ABC, d’abord comme formateur au Centre culturel du cinéma, puis comme secrétaire général : « L’esprit des fondateurs a toujours été la ligne directrice du conseil d’administration (…) : offrir une cinématographie la plus importante possible et en même temps poursuivre l’idée d’un enseignement du cinéma pour former le public de demain et, avec le Bac cinéma, les créateurs de demain ». Les lycées n’avaient pas le matériel nécessaire pour le montage qui était fait à l’ABC, une vraie fourmilière où se croisaient élèves et équipes de films. Jusqu’en 1993, l’ABC vit des années sans histoire. Seule salle art et essai à Toulouse à passer les films en version originale, elle fidélise un public de cinéphiles de toutes les générations. L’accueil régulier de réalisateurs en fait une salle de référence. Le centre de documentation marche bien jusqu’à l’arrivée d’internet. L’éducation nationale met à disposition deux emplois à temps plein pour les programmes éducatifs. Benoit Condeminas, directeur de 1987 à 2008 :

Le renouveau

En 1993, Utopia ouvre sa première salle rue Montardy avec une autre façon de gérer : multiprogramme, gazette, partenariats pour des débats. A côté, l’ABC semble un peu ringarde. Se succèdent alors une dizaine d’années difficiles d’autant que le bâtiment nécessite des travaux de mise aux normes. 3 millions d’euros à trouver… Buny Gallorini est embauchée en 2004 comme directrice artistique avec, entre autres, l’objectif de mener à bien cette rénovation. En 2006, une demande d’aide est faite aux collectivités territoriales, Ville de Toulouse, …

… Département de Haute-Garonne et Région Midi-Pyrénées, membres de droit de l’association qui gère l’ABC. Les amis de l’ABC montrent avec ses 3000 adhérents combien les Toulousains sont attachés à ce cinéma. C’est grâce à cette association, que les 30 000 euros manquants sont trouvés.

Les travaux commencent en 2008, et, en septembre 2009, l’ABC rouvre ses portes en offrant aux spectateurs des conditions de projection au top et un espace confortable. Parallèlement, l’ABC multiplie les évènements, renoue des contacts, s’ouvre aux propositions d’équipes et d’associations locales et s’engage plus fortement dans des festivals (cinéma italien, LGBT, israélien, roumain, polonais, droits de l’homme, etc.).

Aujourd’hui, l’ABC s’est adapté aux temps modernes et a retrouvé sa vitesse de croisière sans renier ses fondamentaux.

Les citations sont extraites d’un film réalisé spécialement pour les 50 ans du Cinéma ABC par Dario Sajeva

 LES TEMPS FORTS DU FESTIVAL “50 ans que l’ABC nous renverse” :

  • Avant-premières avec équipes
  • Carte blanche à l’ACID
  • Animations autour des films
  • Toutes les séances à 5 €

 

 

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