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Retour sur les 11ème rencontres du cinéma italien

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Du au

Les 11ème rencontres du cinéma italien ont dévoilé leur palmarès, et consacre trois films (prix de la critique, prix du jury étudiant et prix du public), chacun traduisant avec brio la diversité du cinéma contemporain transalpin.

Inédits à Toulouse, ils font partie d’une sélection qui n’a pas oubliée la fameuse comédie italienne, à l’image de l’excellent Se Dio vuole d’Edoardo Falcone, de Latin Lover de Cristina Comencini ou bien encore du film présenté en ouverture du festival, Scusate se esisto de Riccardo Milani.

La terra dei santi (Fernando Muraca, 2015) : prix de la critique

La terra dei santi

Ce nouveau réalisateur a pris le parti de raconter la mafia calabraise du côté des femmes, en nous immergeant de façon intimiste dans cette organisation surpuissante qui broie non seulement ses victimes, mais aussi ceux qui en font partie. La photo, belle, sombre, à l’image du film, magnifie les visages des deux principales actrices Daniela Marra et Valeria Salarino, « héroïnes » d’une tragédie quotidienne orchestrée par la ‘Ndrangheta. Film sans concession, La terra dei santi va à l’essentiel et évite tous les écueils d’un romantisme noir parfois présent dans ces films de genre.

 

 

Arianna (Carlo Lavagna, 2015) : prix du jury étudiant

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Arianna aurait pu être la chronique langoureuse de l’éveil à l’amour d’une adolescente passant l’été  dans une maison familiale près du lac de Bolsena, si l’héroïne du film ne portait pas en elle un lourd secret, redéfinissant son identité même. La force de ce premier long-métrage tient dans cette description toute en finesse du problème de l’intersexualité, et qui pousse en même temps chacun à se questionner sur son identité, et sur le désir. La jeune actrice Ondina Quadri porte le film et incarne avec grande justesse une jeune femme en quête de vérité, la sienne, mais aussi celle d’une société qui a toujours du mal à accepter la différence.

 

 

Lo sto con la sposa (Antonio Augugliaro, Gabriele Del Grande, Khaled Soliman Al Nassiry, 2014) : prix du public

Lo sto con la sposa

C’est l’histoire vécue de migrants syriens et palestiniens effectuant en voiture un voyage de Milan à Malmö (Suède). Documentaire-fiction financé en crowdfunding et plébiscité dans le monde entier, Lo sto con la sposa colle au plus près de la vie de ce groupe de personnes ayant fui leur pays pour un avenir meilleur. Les réalisateurs se sont mis hors-la-loi lors du tournage qui a duré quatre jours, du 14 au 18 novembre 2013, pour suivre ce faux cortège nuptial.

 

 

Mentions spéciales

In un posto bellissimo (Giorgia Cecere, 2015) et Non essere cattivo (Claudio Caligari, 2015)

In-un-posto-bellissimo

In un posto bellissimo parle de la vie d’une femme trompée et délaissée par son mari, thème maintes fois traité au cinéma, avec son lot d’incommunicabilité et de moment de désespoir. Mais la mécanique des sentiments mise en place par la réalisatrice Giorgia Cecere vise droit au cœur, notamment à travers le superbe jeu d’actrice d’Isabella Ragonese. Un film empreint d’une douce mélancolie vécue par cette fleuriste en mal d’amour qui ouvre les yeux sur elle et sur le monde qui l’entoure, de part une rencontre incongrue avec Faysal, un jeune vendeur à la sauvette.

Non essere cattivoNon essere cattivo a des accents pasoliniens, dans cette description d’une jeunesse vivant d’arnaques minables et de trafics de drogue dans un quartier déshérité avec vue sur la mer. Situé en 1995 à Ostie, ville où est mort assassiné le poète-cinéaste, le film décrit la vie pleine de bruits et de fureur de deux amis d’enfance, dont le désespoir ravagé par les drogues provoque leur malheur. Une œuvre violente mettant en scène un Accatone sous cocaïne, interprété par Luca Marinelli, plein de superbe et d’arrogance.

 

 

 

 

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