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Buny Gallorini, directrice du cinéma l’ABC

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Publié le buny Gallorini directrice ABC

Responsable d’une salle à Tournus en Saône-et-Loire, elle arrive en 2004 à Toulouse pour diriger l’ABC.

A votre arrivée, vous avez été face à un sacré défi…

Oui, il y avait vraiment un gros risque que l’ABC ferme. Les travaux étaient indispensables : salle sans clim, sièges cassés, escalier où l’on ne pouvait pas se croiser… A part les (bons) films, il n’y avait pas grand chose qui donnait envie de venir. En 2004, les statuts de l’association ont été refondus pour que le bureau ne soit composé que de bénévoles qui s’impliquent réellement. Ça a redonné une dynamique. Depuis la réouverture, on a augmenté de 50% la fréquentation et on a vraiment retrouvé notre place à Toulouse. On a gagné un public de jeunes adultes, ce que l’on constate avec les tickets de moins de 26 ans.

L’équipe aujourd’hui ?

7 salariés pour 6 temps pleins. Depuis l’arrivée du numérique au printemps 2012, les métiers ont changé, on a dû s’adapter. Les projectionnistes sont aussi en caisse ou animateur jeune public. Ceux qui préféraient la technique sont partis, ceux qui sont restés aiment le cinéma en tant qu’art. Nous avons aussi embauché une chargée de communication.

Quel est la ligne éditoriale de l’ABC ?

Un cinéma de découverte de jeunes auteurs, très orienté vers le cinéma européen et les cinématographies peu diffusées. On a aussi un axe jeune public très soutenu. Un autre point essentiel : le partenariat avec des festivals ou des évènements pas forcément cinématographiques. L’ABC accepte de prendre des risques financiers, c’est notre façon d’être ouvert aux autres et au monde. Ça devient banal de le dire, mais on en fait preuve tous les jours. Parfois avec des tensions, comme lors des premiers Printemps israéliens, un cinéma pourtant critique vis à vis de la politique de son pays. On accueille aujourd’hui un festival de cinéma palestinien : on n’a pas d’exclusivité, on se veut un espace de diversité.

Comment avez-vous fait la différence avec Utopia ?

En ne faisant ni la même chose ni le contraire mais en menant notre travail au quotidien avec toujours cette vision que les gens aient à Toulouse le maximum de propositions. Je ne supporte pas que dans le cinéma aujourd’hui, toutes les salles sortent les mêmes films en même temps. Il y a assez de films pour que chaque salle fasse des choix différents. Je sentais la nécessité d’évoluer et je me suis appuyée sur une équipe jeune. Nous investissons beaucoup dans notre communication, via le site internet et les réseaux sociaux. Ce n’est pas que stratégique, le cinéma n’est plus le même que celui des années 60. Il faut accepter de vivre avec son temps… D’où la carte blanche à l’ACID* qui regroupe des jeunes réalisateurs pour fêter ce cinquantenaire.
* L’ACID – Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion

 

 

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