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Humour interdit. Dessins de la seconde guerre mondiale

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Du au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation

Le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, lieu de mémoire et de réflexion, a conçu une exposition courageuse : Humour Interdit : dessins de la seconde guerre mondiale. L’idée, le besoin, la nécessité lui est venue tout de suite après le drame de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier.

Humour interdit, c’est le nom d’une exposition de dessins de presse et de caricatures qui a eu lieu à Toulouse en décembre 1944 ! Elle exposait des dessins faits dans la clandestinité et interdits par la censure allemande. Après quatre années de censure, de propagande et de répression, est venue une période d’euphorie où les dessins étaient à nouveau libres. Le Musée départemental de la Résistance et de la Déportation a repris ce titre et se l’est approprié.

Dessiner coûte que coûte pour survivre

Tous les éléments de l’exposition Humour interdit sont issus des collections du musée et évoquent différentes périodes et différents acteurs de la seconde guerre mondiale. Des dessins originaux, certains agrandis rythment de manière vivante l’exposition, chaque zone étant accompagnée d’une vidéo qui fait défiler des images, plus nombreuses encore. Ainsi on découvre comment dans l’exposition de 1944, des dessinateurs connus ou anonymes ont ridiculisé nazis et collaborateurs : Hitler, Pétain, Laval…

L’exposition d’aujourd’hui est construite en plusieurs parties : « la Drôle de guerre », « la Révolution Nationale » : dessins de Vichy, de l’Anti-France, évoquant le système D ou la vie malgré tout, le marché noir, les croquis réalisés dans les Stalags pour se distraire, rêver de nourriture et d’évasion. Les « Dessins de Résistance » prouvent que face aux moyens considérables des nazis, ceux des résistants étaient limités puisque interdits. On découvre des petits dessins faits sur des tracts, des papillons, sur les murs, manuscrits, dactylographiés, imprimés au tampon. Ils en sont d’autant plus forts et efficaces. Et encore les dessins d’internés et de déportés, clandestins bien évidemment. Dessiner coûte que coûte, sur n’importe quoi, pour survivre. Le 25 août 1944, Toulouse est libérée, sept nouveaux quotidiens sont créés, les dessins de presse se multiplient pour tenter d’exorciser quatre années de souffrances.

Un message de Tignous

À la sortie de l’exposition Humour interdit, des dessins des enfants de collèges toulousains, et un mur sur lequel chaque visiteur peut faire son propre dessin, quoique intimidé par ce message de Tignous présent juste à côté : « Un dessin réussi prête à rire. Quand il est vraiment réussi, il prête à penser. S’il prête à rire et à penser, alors, c’est un excellent dessin. Mais le meilleur dessin prête à rire, à penser et déclenche une forme de honte. Le lecteur éprouve de la honte d’avoir pu rire d’une situation grave. Ce dessin est alors magnifique parce que c’est celui qui reste ». C’est la preuve que dans le passé, proche ou lointain, dans le présent dramatique, dans le probable avenir, l’humour doit tenter de demeurer, d’exprimer une saine et pacifiste résistance. 

 

 

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