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COMMUN(S), projet du GdRA

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Du au

A l’invitation de l’Université Fédérale et de l’Usine, 14e Centre national des arts de la rue, le GdRA mène un projet qui réunit sur scène des personnes ayant pour usage commun l’université. COMMUN(S) explore ces divers lieux d’apprentissage via les récits de vie de ses usagers : professeurs, personnels techniques et administratifs, étudiants.

Rencontre avec Julien Cassier et Christophe Rulhes, fondateurs du GdRA.

Quel travail mène le GdRA ?

Christophe Rulhes : Un travail de mise en scène théâtrale assez classique mais surtout des enquêtes. Ces temps sont destinés à rencontrer des gens que l’on filme et enregistre. Toutes nos pièces sont des récits, des portraits, comme autant de formats possibles à la singularité de ces personnes. Il ne s’agit pas de formater mais de tenter d’offrir un écrin à des parcours. On passe le territoire au prisme des points de vue des individus que l’on filme.

Le projet COMMUN(S) ?

Christophe Rulhes : Penser ce territoire hypothétique, imaginaire, imaginé et en mouvement qu’est l’université, à travers des personnes qui la vivent pleinement : neuf témoins principaux.

Julien Cassier : Autour de cinq lieux : l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile, le Crous associé à l’Université Toulouse III Paul Sabatier, l’Université Toulouse – Jean Jaurès, l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse et l’Université Toulouse 1 Capitole. Nous avons tout de suite évacué l’idée d’exhaustivité.

Quelle est l’implication de ces « témoins » ?

Christophe Rulhes : Une participation assez forte, de l’ordre de l’intime : accepter de faire passer une part de soi vers la sphère publique, vers la représentation. On leur demande d’être dans leur propre rôle, dans une adresse authentique, de ne pas jouer. Cela relève d’un engagement car tout le monde n’accepte pas ce type de direction d’acteur…

Qui sont-ils ?

Julien Cassier : Bouchra, une étudiante à l’UT Capitole en sciences criminelles. Joël, retraité des services techniques de l’UT Capitole. Il a suivi l’évolution technologique des machines : des premiers enregistreurs à bande jusqu’à l’arrivée du numérique. Roland, un enseignant de l’ENAC en électronique pour système de navigation. Toujours à l’ENAC, Mathilde est ingénieure pédagogique enseignante. David et Juliana sont jeunes diplômés du département Art&Com à l’UT2J. Mathieu est étudiant en biochimie. Didier travaille à l’administration de l’ENSA Toulouse. Et enfin Laurence est juriste, maître de conférence en droit public à l’UT Capitole.

Christophe Rulhes : Ce qui nous plaît dans ce corpus : plusieurs générations, des usages variés de l’université avec des profils techniques, administratifs, estudiantins, professoraux… On a aussi constaté des attachements extrêmement divers : Brésil, Alsace, Maroc, Tunisie, Corse. Pour chacun, nous allons élaborer un texte qui se rapproche de l’autobiographie.

Un exemple ?

Christophe Rulhes : Nous avons passé une journée avec Mathieu, étudiant hébergé par le Crous en cité universitaire. Il nous a parlé de son copain, nous a décrit son budget étudiant de façon très détaillé. Autour de lui, on pense dérouler une trame narrative qui passera par ses attachements familiaux, l’Alsace, le Brésil, la Guyane, Auch, puis Toulouse jusqu’à ses attachements présents. Suite à quoi, on parlera de sa vie pratique aujourd’hui. Un texte de cinq minutes, dit dans un micro.

Le dispositif scénographique ?

Julien Cassier : A cheval entre l’installation vidéo et plastique. Un espace en bi-frontalité autour de quatre écrans vidéo. Nous avons travaillé sur des portraits et des paysages. Quels sont les lieux dans lesquels les savoirs sont transmis ? Pour Mathieu, dans quel lieu vit-il ? Sa petite chambre de neuf mètres carré. Ces images feront échos aux textes.

Un travail sur l’intime avec un vrai respect dans la collaboration…

Christophe Rulhes : Cette attention est au cœur de notre travail. Tu emploies le mot « respect », nous parlons de façon assez technique de « diplomatie ». C’est un terme qui s’utilisait beaucoup dans la middle-class aveyronnaise il y a encore quarante ans. J’ai beaucoup entendu : « Il faut être diplomate ! Chacun a ses points de vue. » Quelle diplomatie peut-on mettre en œuvre dans la relation de recueil d’informations ? Qu’est-ce que faire un portrait ? Dans la réalisation, on essaie de tenir compte du point de vue de l’autre.

Le résultat sur scène ?

Christophe Rulhes : Assez brut et sobre… alors que nous avons une tendance à la profusion et à la générosité. Nous avons envie, en plus d’une adresse très simple, d’injecter quelques mouvements collectifs. Il y aura une scène finale avec une trentaine de participants, certainement de l’ordre d’une chorégraphie de gestes très simples. Une masse de gens, des usagers de l’université, vont venir faire quelque chose ensemble. Il s’agit de se prêter au jeu de la présence, devant un public, et à la rencontre du travail de notre compagnie de théâtre.

Rencontre avec le GdRA : mardi 8 mars à 18h30 au Café du Quai

COMMUN(S)

  • Lundi 7 mars à 20h à l’UT Capitole (hall de l’Arsenal)
  • Mardi 15 mars à 21h à l’ENAC (hall bleu)
  • Jeudi 31 mars à 20h30 à la MAC Chapou                 
  • Samedi 2 avril à 19h à La Fabrique – UT2J

Entrée libre, reservations@usine.net et 05 61 07 45 18

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