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Joël Fesel se confie sur l’avenir du Pavillon Mazar

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Publié le Portrait Joel Fessel

Derrière la porte cochère du n°13 de la rue Sainte Ursule au milieu d’une petite courette discrète trône depuis 1826 le Pavillon Mazar. Reconnu comme un lieu de création, de formation et un laboratoire de recherches artistiques contemporaines, il est aujourd’hui menacé de fermeture.

image Pavillon Mazar

© Luc Jennepin

Ce monument majestueux classé historique, a depuis sa construction endossé plusieurs peaux (marché aux draps, atelier de confection…) avant d’abriter dès 1997 le Groupe Merci. Les propriétaires veulent désormais vendre le bâtiment et ne pas reconduire le bail avec la SARL Pavillon Mazar, filiale du Groupe Merci. Interview.

Une lutte de longue haleine

Joël Fesel, membre du Groupe Merci : Depuis 18 ans, les propriétaires ont toujours cherché à nous pousser à partir en nous entraînant dans plusieurs procédures que nous avons toutes gagnées. Mais cette fois-ci, ils sont dans leur droit à partir du moment où ils ne souhaitent pas renouveler le bail et vendre. Une expertise judiciaire est en cours pour chiffrer l’indemnité d’éviction. L’estimation de ce montant se base, entre autres, sur le chiffre d’affaires et les biens matériels. Pour nous, ça ne veut pas dire grand-chose. Comment quantifie-t-on une structure qui, depuis 20 ans, travaille sur un laboratoire d’expériences de renommée nationale ? On bataille donc beaucoup sur la question de l’immatériel. Comment peut-on le valoriser et le quantifier ? Mais ce n’est pas si simple. Pour le calculer, c’est toute la synergie autour de ce lieu et du Groupe Merci qu’il faudrait prendre en compte. Du coup, nous ne pouvons rien faire d’autre que d’attendre que l’expulsion soit prononcée par le tribunal. Une fois qu’un chiffre sera tombé, on nous donnera un chèque et nous serons bons pour partir dans les 48h.

Un fait d’armes

Joël Fesel : Lorsque nous sommes arrivés, le bâtiment était une vraie ruine. On a vécu 7 ans sans chauffage tout en faisant des spectacles. En 2005, nous avons réhabilité le lieu avec des travaux de mise en conformité que nous avons en partie financés et pour lesquels la ville de Toulouse et la Drac nous ont soutenus. C’est ce qui nous a permis de protéger le lieu par les dispositions de l’ordonnance du 13 octobre 1945. Aujourd’hui nos propriétaires vendent un théâtre et ne pourront pas en faire autre chose. Mais ils espèrent juste faire une plus-value monstrueuse.

Si le Pavillon Mazar disparaît…

Joël Fesel : Nous avons convoqué les institutionnels et nous attendons leurs réponses. Si ça ne bouge pas, dans 6 mois il sera trop tard. Cette ville manque cruellement d’instruments culturels et particulièrement en centre-ville. Il faut des lieux de recherche qui sont des intermédiaires, des maillons de la chaîne avant d’accéder à ces vitrines nationales et internationales que sont les grands théâtres. Quelque part, le Pavillon Mazar, c’est un petit CNRS dans lequel l’émergence des esthétiques se produit (Howard Barker, Rodrigo Garcia, Mathieu Amalric, Matthias Langhoff y sont passés dans le cadre de stages de formation professionnelle). Le flinguer, c’est annuler une des possibilités d’accéder à un haut niveau de recherche sur le spectacle vivant et les langues contemporaines. Nous sommes censés être une ville n°1 dans certains secteurs comme l’aérospatial, pourquoi n’y aurait-il pas la possibilité d’avoir de vrais chercheurs aussi sur le champ des arts de la scène ?

Et pour la suite ?

Joël Fesel : Nous avons mis en place un site internet pour suivre l’évolution de la situation. Nous avons formé un comité de soutien qui se réunit une fois par mois jusqu’à juin. Toutes les personnes qui se sentent concernées par le projet peuvent venir. Ce n’est pas non plus ouvert aux agents immobiliers (rires, on cherche des vrais soutiens). Ce comité, il va nous aider à mettre en évidence l’importance pour les personnes d’être venues ici pendant 20 ans. Les gens sont en train de réaliser que ça va leur manquer. Je crois que c’est une belle étape : soit pour rebondir ou soit, s’il le faut, y laisser le Pavillon.

Propos recueills par Aurélia Le Faou

Pour suivre les actus : http://www.pavillonmazar.com/

 

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