Welcome in Tziganie

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Du au Théâtre de Verdure du Soleil d'Or à Seissan (Gers)

Depuis 2008, l’association L’Air des Balkans organise le festival Welcome in Tziganie, un évènement dédié aux musiques et cultures tziganes en plein cœur de la campagne gersoise. Trois jours incontournables pour tous les amoureux de ces musiques issues des quatre coins des Balkans. Florian Calvez, l’un des programmateurs, nous parle de la 9e édition prévue du 22 au 24 avril dans le cadre champêtre de Seissan

C’est reparti pour une nouvelle édition ! Le bilan 2015 a été bon ?
Florian Calvez : Oui et même plus que bon ! On a accueilli d’avantage de festivaliers. Déménager d’Auch à Seissan, pour s’installer sur le Théâtre de Verdure, s’est révélé bien adapté au festival, donc on reconduit sur ce site.

Qui figure sur votre affiche 2016 ?
F.C : C’est le portrait de Šaban Bajramović, décédé en 2008, l’un des plus grands auteurs-compositeurs de chansons tziganes, issu de la ville de Niš en Serbie. Il a inspiré toute une génération de chanteurs et musiciens. Un des groupes avec lesquels il avait enregistré un album lui rendra hommage : Mostar Sevdah Reunion (23 avril).

affiche welcome in tziganie

Les autres temps forts du festival ?
F.C : Le plus grand saxophoniste des Balkans, Ferus Mustafov, que l’on avait reçu en 2012, revient. Il est invité par la fanfare Kadrievi Orkestar -celle qui a réalisé la BO du film Le temps des gitans d’Emir Kusturica. à eux, se joint un grand trompettiste de Macédoine, Naat Veliov, le fondateur de la fanfare Kocani Orkestar. C’est inédit puisqu’ils n’ont jamais joué ensemble (22 avril). Autre temps fort : le Gaichto Swing, un groupe de jazz manouche formé de deux jeunes gersois, John Capello et Mario Gaudelet, invite la pointure Steeve Laffont et le violoniste roumain Costel Nitescu. Un concert entre jazz manouche, jazz et musique tzigane (23 avril).

Vous provoquez des rencontres inédites ?
F.C : On ne veut pas se limiter à programmer des groupes que l’on peut déjà voir dans d’autres festivals. L’idée est de créer des associations entre tziganes et non tziganes, entre manouches et tziganes d’Europe de l’est. Leurs musiques sont complémentaires, riches. Ces créations sont uniques.

Dans votre programmation, on trouve de grands artistes mêlés à des découvertes ?
F.C : Des grands noms et aussi la volonté de faire émerger de jeunes talents, leur donner la possibilité de se produire en France. On reçoit le groupe roumain Urs Karpatz qui a beaucoup tourné et qui fêtera l’an prochain ses 25 ans de carrière. Ils sont huit et chantent tous. Leur musique est à la fois festive et mélancolique (24 avril). Le jeune musicien de 25 ans Saša Krstić assure la clôture du festival. Prix de la trompette d’or au festival de Guca, plus grand festival de fanfare des Balkans, deux années de suite, il ne s’est jamais exporté.

Comment préparez-vous votre programmation ?
F.C : Nous partons en Europe de l’Est dans des festivals, les campagnes, les villages, les fêtes locales. On y rencontre aussi des musiciens. Des groupes nous démarchent aussi directement. Il s’agit de trouver un équilibre entre toutes les facettes de ces musiques : fanfares, orchestres traditionnels, jazz manouche, flamenco… Il y a peu de rendez-vous en France autour de ces musiques. Les passionnés ont repéré notre festival et viennent toujours plus nombreux. Certains en profitent pour participer aux stages. Cette année, la Fanfar’class in Tziganie avec le Ziveli Orkestar et sa chanteuse serbe, Suzana Djordjevic (23 et 24 avril).

Si on n’est pas musicien, on peut danser ?
F.C : Oui, bien sûr sur les danses tziganes de Hongrie avec la chanteuse du groupe Romengo ; et sur les danses Roms du Kosovo, le tallava, stage encadré par une famille originaire de là-bas et vivant à Auch.

Quelles autres activités ?
F.C : Un second chapiteau abrite les animations culturelles. On donne la parole à des associations gérées par des tziganes et manouches, ou œuvrant à la défense de leurs droits. Des artisans viennent exposer à côté de libraires et d’écrivains, pour présenter les particularités de ces cultures !

La musique est donc une belle entrée ?
F.C : C’est l’idée même de Welcome in Tziganie. Les festivaliers manifestent un intérêt croissant pour le village culturel. Cette année, une table ronde sur l’évolution des traditions tziganes est animée par des spécialistes (24 avril). Pour les enfants, la compagnie manouche Audigane joue un conte (23 avril). Dans l’espace projection, des court-métrages et des documentaires. Nouveauté cette année : un restaurant balkanique et un Off avec une scène ouverte. Avis à tous les musiciens : prenez vos instruments !

Comment venir ?
Seissan est à 15 km d’Auch. Un camping, juste à côté, accueille les festivaliers gratuitement. Le cadre est magnifique avec les lacs, la vue sur les Pyrénées et les coteaux gersois. Notre festival se veut très convivial, à petite échelle.

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