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Festival de Cannes 2016 : 69ème édition

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Du au

En attendant de voir les films, le Festival de Cannes 2016 semble tirer des enseignements du cru préŽcèŽdent en se bunkérisant autour de valeurs sžûres. Le grand paradoxe du festival de Cannes est que c’est toujours un peu pareil mais jamais vraiment la même chose. Dès que l’annonce de la sélection officielle tombe, elle est suivie des immuables questions et des mêmes râleries. « Mais pourquoi n’y a-t-il pas de film iranien/africain/italien/russe/suédois/rayez la mention inutile ? ». « Et voilà, toujours les mêmes habitués pris en compet’ ! ».

Une édition en réaction à la précédente ?

Dans un numéro de duettiste bien rôdé entre Thierry Frémaux, le délégué général du festival, et la presse internationale, c’est toujours les mêmes réponses. Normal, à l’heure où du côté des médias, le buzz est roi, il faut bien nourrir la bête même si les infos sont encore faméliques, puisqu’il faudra avoir vu les films pour définir ce qu’est le Festival de Cannes 2016 en termes de cinéma. A ce stade tout n’est donc que statistiques (http://bit.ly/26m2OJO) et de considérations pratiques : « Oh putain, t’as vu, la durée des films ? », « Raah encore un roumain de trois heures ». Et pourtant, en attendant donc de juger les films sur pièce, cette édition esquisse déjà un certain état des lieux. Non pas du cinéma, ça, on y reviendra après le palmarès, mais du festival en soi. Un adage veut que les réalisateurs fassent des films en réaction aux précédents. Thierry Frémaux semble l’avoir appliqué pour l’édition 2016.

image Thierry Fremaux festival de Cannes 2016

Le cru précédent avait été celui de tentatives audacieuses qui se sont prises un sérieux revers de la part de la presse. L’édition 2015 s’était ouverte dans sa compétition à de nombreux « nouveaux » dont beaucoup méconnus du grand public, les pensionnaires usuels ayant été dirigés vers Un Certain Regard. Sur le papier, Cannes 2016 a des airs de repli : à l’exception de Maren Ade et Kleber Mendonça Filho, les autres cinéastes en compétition ne sont plus des inconnus cannois, ni des réalisateurs peu identifiés.

Un modèle vieillissant ?

Sans revenir sur ce « toujours les mêmes » évoqué plus haut, cette édition pose la question différemment, en indiquant la difficulté pour Frémaux du renouvellement générationnel des grands auteurs. On lui sera gré de persévérer : à force de l’imposer, le cinéma de Brillante Mendoza, finira-t-il comme celui de Paolo Sorrentino à être enfin reconnu ? Mais le principe d’ouvrir à nouveau les portes du palais à Loach, Almodovar, Assayas, Dardenne, Jarmusch et quelques autres (quoique valent leurs films), serait-il le constat d’un tarissement du vivier ou d’une frilosité dans les choix ? L’absence de Nocturama, le dernier Bertrand Bonello, film reflet des désillusions tragiques de la jeunesse actuelle, ou certaines évictions en dernière minute (Arnaud Des Paillères, Katell Quillevéré) laissent perplexe… En dépit des nombreuses jeunes pousses qui apparaissent à Un certain regard (sept premiers films), Cannes cette année semble déjà bien résonner avec le monde, se rapprocher dangereusement du même point de rupture que la classe politique en s’arrimant à un modèle vieillissant qui tarde à se fissurer. Aux films, et c’est ce que l’on espère, de donner tort à cette triste hypothèse.

A NOTER >> l’arrivée en compétition d’un cinéaste originaire de la région Toulousaine, Alain Guiraudie avec son nouveau film Rester vertical après le succès de son précédent film L’inconnu du lac.

 

 

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