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Les cobayes de la Préhisto’ Night

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Du au Tarascon

Une dizaine d’adultes et presque autant d’enfants ont vécu une journée et une nuit comme chasseurs-cueilleurs au Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège pour la Préhisto’Night. J’y suis allée pour Flash.

Se mettre dans la peau des Magdaléniens…

Il a fallu renoncer à nos addictions contemporaines : montres, smartphones et autres prétendues nécessités. Encadrés par des médiateurs scientifiques rigoureux et convaincus, après une visite passionnante des expositions du Parc de la Préhistoire, histoire de mieux comprendre de quoi il s’agissait, d’avoir une idée juste de comment vivaient ces gens dans nos régions, de réfléchir aux énigmes posées par les magnifiques et troublantes peintures pariétales, les « cueilleuses » et les « chasseurs » ont revêtu leurs vêtements de cuir, conformes à ceux que portaient les magdaléniens, il y a environ 15 000 ans. Vêtements, chaussures de cuir, capes en fourrure de renne pour affronter la fraîcheur de la nuit : c’était une redécouverte à la fois drôle et émouvante.

Quelle est l’intention des organisateurs, tous préhistoriens exigeants ? De nous faire « vivre pour de vrai et durant toute une nuit la vie nomade des chasseurs-cueilleurs du temps des hommes de Cro-Magnon… le Préhisto’Night est une immersion totale dans l’univers de nos ancêtres proposée à 15 privilégiés durant six nuits entre le 13 juillet et le 19 août au Parc de la Préhistoire de Tarascon sur Ariège ». Ce projet arrive dans la suite logique d’une expérience menée les deux années précédentes : le Préhisto’LOFT. Les visiteurs pouvaient observer mais « en voyeurs » une vingtaine de Cro-Magnons.

… pour partager la vie nomade au temps des hommes de Cro-Magnon

Observer les choses et les vivre, ça change tout. Ce mardi, les journalistes présents, venus de partout étaient un peu intimidés, les enfants eux, étaient très à l’aise. Derrière nos guides autochtones, nous avons quitté le musée, sa boutique et sa cafétéria pour descendre vers la rivière dans les grands prés où nous attendaient les matériaux nécessaires à la construction de nos tentes pour passer la nuit. Des grands pieux en bois, des peaux de vaches, des lanières de cuir, un poinçon en os pour défaire les nœuds… et nos mains et c’est tout ! Et là, par petits groupes, ceux et celles qui allaient dormir ensemble ont édifié ces tipis préhistoriques, les ont recouverts de peaux, les ont attachés, superposés, ça été long et pas si simple. Une fois la tente dressée, un peu de paille sur le sol, des peaux et par-dessus, de moelleuses fourrures de rennes. La nuit était presque tombée quand le campement a été installé.

Le foyer était allumé (sans allumettes) depuis suffisamment longtemps pour que les braises soient prêtes à cuire les brochettes. Le repas, nous a-t-on assuré, était exclusivement constitué de produits que connaissaient et consommaient les magdaléniens : racines, baies, graines, viandes (25% de leur consommation), poisson, galettes d’épeautre… et c’était vraiment délicieux. Assis par terre bien sûr, on mange avec les doigts, on peut aussi couper avec un couteau de silex qu’on aura préalablement taillé (mais le montage des tentes a pris tant de temps qu’on n’en a pas eu le temps).

Cette nuit-là, le temps était parfait : beau, chaud, sans vent, le ciel des Pyrénées plein d’étoiles et de chants de hiboux. Le sol est dur mais les peaux de rennes délicieusement douces. Les enfants ont eu du mal à s’endormir, les rires fusaient ; les adultes, plus discrets, profitaient pleinement de cette immersion temporellement dépaysante.

Le mercredi, le soleil s’est levé très très tôt et les participants aussi, parfois rattrapés par leurs obligations professionnelles à nouveau minutées. Pendant le petit déjeuner du XXIe siècle, un peu beaucoup chiffonnés, nous partageons nos impressions.

Cette nuit préhistorique, c’est une proposition intéressante, intelligente, malheureusement forcément élitaire et limitée à des privilégiés, en totale réaction aux émotions majoritairement virtuelles et numériques que nous propose notre époque. La connaissance acquise pendant cette fameuse nuit est vraiment de l’ordre du vécu et non de l’acquis intellectuel, et ça change tout. Et nous avons appris, à cette occasion, que la période magdalénienne était une espèce d’âge d’or de la civilisation, où les hommes avaient le temps de vivre, de créer, sans l’agressivité que de faux clichés ont véhiculé depuis.

Sur réservation – places limitées

EN SAVOIR + sur Préhisto’Night

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