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En marge, citoyens ! Portait de Léa Razès

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Du au

Initiée à la danse dès son plus jeune âge, Léa Razès a décidé d’éclater les frontières entre l’anthropologie et les arts. À 23 ans, son Master 1 Anthropologie sociale et historique fraîchement en poche, elle a déjà derrière elle un parcours artistique d’une grande richesse.

C’est en 2011 que Léa, originaire de Cahors, arrive à Toulouse pour débuter sa licence en économie-sociologie. Un cursus apprécié par l’étudiante car « pluridisciplinaire, avec une visée assez critique sur la société, sur le libéralisme et le capitalisme ». Une orientation rapidement rattrapée par la découverte du Diplôme Universitaire arts du spectacle danse et cirque dans lequel elle s’engage en parallèle. « J’ai toujours fait de la danse dans une voie qui n’était pas normée ». Sur le plan créatif, Léa est comblée : « Chaque semestre nous devions produire des petites formes, participer à des projets et faire beaucoup de stages professionnels ».

C’est dans le cadre d’un cours, en licence anthropologie sociale et historique, qu’elle découvre le documentaire Tuez-les tous ! (Rwanda : Histoire d’un génocide ” sans importance ”) de Raphaël Glucksmann, David Hazan et Pierre Mezerette, qui l’inspirera pour une performance dansée en solo : Quand le sang a coulé. Portée par sa compagnie Philia, elle y interprète ses propres compositions rap et slam : « Je souhaitais rendre hommage à ces événements et lier l’anthropologie avec les arts du spectacle ». Spectacle «tout terrain» qu’elle produira sur la ZAD du Testet à Sivens, le jour de la mort de Remi Fraisse.

Léa a la bougeotte et la voilà déjà partie à Nanterre pour nourrir son inspiration en suivant un Master 1 ethno-musicologie et anthropologie de la danse. Elle y rencontre la compagnie de danse hip-hop de L’île de la Tortue sur laquelle portera son mémoire. Elle se produit également au Théâtre de Chaillot dans le cadre d’un projet Danse en amateur et répertoire. « J’ai participé à un stage animé par la danseuse Muriel Corbel, qui a abouti à la recréation d’un morceau du spectacle Triton de Philippe Découflé. Le jour de la représentation il est venu nous voir. Ça nous a mis la pression, mais c’était hyper valorisant. » De retour à Toulouse, Léa débute un Master 1 anthropologie sociale et historique, dont le sujet de mémoire porte sur une adolescente du quartier de Bellefontaine aux origines kurdes et turques. « Tout en restant à mon échelle, j’ai envie d’inverser le regard lié à la migration. »

Notre routarde participera à deux reprises au laboratoire de création « CAP ici ! » à l’Université et à Avignon pendant le festival de théâtre. Une première fois avec la circassienne Yaëlle Antoine (Compagnie d’Elles) : « C’était la première fois que je partageais mes écrits et que je faisais de l’assistanat à la mise en scène. J’étais très honorée de faire partie de cette équipe et j’ai plongé à 100% dans leur démarche ! ». Deux ans plus tard Léa remet le couvert avec le GdRA et le metteur en scène Christophe Rulhes, passé lui aussi par l’anthropologie, et influencé par les sciences sociales jusque dans sa démarche artistique. « Le projet Nos autres s’est présenté à un moment crucial dans mon parcours de recherche. » Et pour la suite ? « J’ai encore envie d’explorer les possibilités du corps et de la mise en scène, en passant par l’interprétation. Ce qui me motive, c’est jouer dans l’espace urbain, la création dans l’urgence et notamment dans le cadre militant ». En attendant, Léa poursuit un travail d’écriture commencé il y a 10 ans, elle est membre d’un quatuor de rappeuses et envisage un Master 2 en Erasmus à Grenade, suivi peut-être d’une école de danse. Une certitude : « La danse me permet d’être et de faire face ».

  • À 4/5 ans : Commence à danser
  • 2013 : Diplôme Universitaire Arts du spectacle Danse et Cirque
  • 2014 : Performance Quand le sang a coulé
  • 2016 : Obtention Master 1 Anthropologie sociale et historique

Article paru sur l’Uzoom #19, le magazine culturel des étudiants curieux

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