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Premier Contact

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CHRONIQUE – De film en film, Denis Villeneuve bâtit une des œuvres les plus singulières, à la fois particulièrement cohérente et imprévisible. Ainsi Premier Contact s’avance sous les atours d’un film de science-fiction mais mû par une splendide méditation sur le deuil ou la capacité réparatrice du temps.

Un motif qui s’intègre jusque dans la forme même d’un film posant des questions très actuelles mais n’ayant de cesse de penser à une cinématographie passée.

A mi-chemin entre Spielberg et Kubrick

Quand les vaisseaux spatiaux extraterrestres qui se retrouvent en suspens au-dessus de plusieurs points de la Terre, ne pas font pas écho aux monolithes de 2001, l’Odyssée de l’espace, c’est la tentative de communication par le langage qui invoque Rencontres du 3e type.

Premier Contact se situe là, à mi-chemin de l’imaginaire Spielbergien et de ce qu’il y reste de foi en l’humain comme source d’intelligence et celui de Kubrick, par cette narration ambitieuse tirant vers l’abstrait, la déstructuration. Mais avec une étonnante humilité. Villeneuve ne cache pas ses influences, ne vise pas à les égaler, encore moins les surpasser.

Éventuellement les recontextualiser dans le monde contemporain, fracturé par la mondialisation et son potentiel glissement vers une implosion.

Un enquête sur la définition de l’espèce humaine

Par ailleurs, si Premier Contact s’avère un rien impersonnel dans la résolution de son intrigue centrale bancale ou certains seconds rôles un rien stéréotypés, les liens avec certaines thématiques des films précédents de Villeneuve (la destinée, la famille, le questionnement de l’autorité) s’installent pour faire battre le cœur même de celui-ci : une fascinante enquête sur ce qui définit l’espèce humaine.

Même en dépit de quelques facilités et conventions purement hollywoodiennes, jusque dans la conception, tel un blockbuster lambda, de la géopolitique ou des -rares- scènes d’action, la grande aventure de Louise Banks (Amy Adams, magistrale) à la poursuite inconsciente de sa propre nature procure un des plus beaux vertiges du cinéma récent.

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