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1572, Massacre à Paris : religion et politique au cœur d’une sanglante tragédie

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Le Le Ring

CHRONIQUE – Dernière création du Théâtre 2 L’Acte, 1572, Massacre à Paris débute en 1559 à la mort d’Henri II, quelques années à peine avant le 24 août 1572, date du massacre de la Saint-Barthélemy. On assiste à l’origine et à la mise en place de cette tuerie qui, plusieurs siècles après, continue de nous interpeller.

Une scénographie radicale

Paris. Une nuit d’horreur. Des catholiques tuent des protestants. Le massacre est total.

C’est le résultat d’une guerre pour le pouvoir, d’avides désirs de succession et d’un attachement démesuré à la nation et à la religion.

Pour nous permettre de suivre meurtres, manigances, chantages et délires intégristes, des repères historiques -mais aussi les noms des protagonistes- nous accompagnent et sont projetés sur le sol.

Car mieux vaut ne pas se perdre dans ce subtil et dangereux jeu de dupes !

Dans une scénographie épurée et radicale, réalisée par Michel Mathieu, la couleur rouge sang prend peu à peu toute la place. S’ajoutent des pantins de tissus représentant les morts par centaine dans une distanciation salutaire tant ces corps sans vie pourraient nous renvoyer à une actualité encore brûlante et traumatisante.

Malmenés, suspendus et décapités, ces personnages de tissu ajoutent à l’atmosphère exponentiellement inquiétante.

Ciselé, précis et intensif

Les contrastes sont rudement travaillés, jusqu’aux costumes : les catholiques sont vêtus de blanc, les protestants de noir.

La musique, quant à elle, n’illustre pas la tragédie. Interprétée en live, elle ne se limite pas à un simple accompagnement de l’action mais EST action. Le musicien Michel Doneda donne force et dissonance aux discordes.

Le jeu est ciselé, précis et intensif, malgré les nombreux et difficiles seconds rôles. On remarque tout particulièrement la prodigieuse interprétation du Duc de Guise par Quentin Siesling, méconnaissable avec son crâne rasé et sa rage dévastatrice. Sa mort reste parmi les plus marquantes de la pièce, lorsque dans un dernier souffle, il déclame un poignant et, avouons-le, hilarant « Vive la messe ! ».

La mise en scène de Marie-Angèle Vaurs fait preuve d’une belle sobriété et nous livre le texte de Christopher Marlowe dans toute son efficacité.

 

Prochainement au Théâtre Le Ring :
Terra Incognita  : 7 > 10 décembre
Noise #6 : 15 et 16 décembre
Les poissons ne posent pas de questions : 26 > 28 janv.

 

EN SAVOIR + sur le Théâtre 2 L’Acte

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