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Interview : Martin Scorsese et la spiritualité

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Il y aurait donc bien deux Martin Scorsese. Celui des films à la mise en scène pop et spectaculaire racontant l’Amérique (des Affranchis au Loup de Wall Street en passant par Casino) et celui, plus discret, plongeant plus dans l’intime du cinéaste, et de sa vocation première – jeune, Scorsese, voulait être prêtre. Après La dernière tentation du Christ et Kundun, avec Silence il entre donc à nouveau en religion.

Un sacerdoce pour le réalisateur pour qui ces projets très personnels ont été particulièrement difficiles à monter. Il aura fallu près de trente ans entre sa découverte du roman de Shusaku Endo sur des prêtres jésuites portugais découvrant un Japon qui massacre les catholiques et son adaptation à l’écran. Pour accompagner la sortie de ce film
épuré et âpre, Martin Scorsese a repris la parole. Interview.

Qu’est ce qui vous a motivé au long de la laborieuse genèse de Silence ?

Je suis devenu plus qu’obsédé par ce livre. En grande partie à cause de la manière dont il traite ce qu’on appelle la spiritualité et son acceptation. Les évolutions du monde, qu’elles soient politiques ou sociales, en ont fait à la longue quelque chose de superficiel que les gens n’acceptent plus aujourd’hui. J’ai pensé que cette histoire pourrait ouvrir un dialogue par lequel on ne répondrait pas avec des réponses toutes faites, mais en partant du principe que la spiritualité est une partie intrinsèque de l’humanité. La spiritualité existe, mais je voulais qu’on se demande ce qu’on en fait, comment on la nourrit, si elle change effectivement quelque chose dans notre monde.

Ce tournage a-t-il changé votre rapport à cette spiritualité ?

C’est plus lié au temps qu’il a fallu pour venir à bout du film. Lorsqu’on a commencé à tourner, ma vie personnelle était en train de prendre certains tournants. Silence s’est en quelque chose entremêlé à ce que je vivais : je devais faire des choix, réévaluer certaines choses et les accepter. Ça m’a amené à accepter philosophiquement que des éléments ou des gens pouvaient, devaient changer. Si Silence m’habite encore c’est parce que je suis encore dans ce processus.

Ce Silence, c’est un constat, un regret ou une injonction de votre part ?

Mettre ce titre au générique, dès le premier plan, c’est effectivement une manière de demander l’attention du public, c’est un film qui demande une certaine concentration. Mais il invite aussi à une méditation : nous venons du silence et c’est là que nous finirons, alors autant être à l’aise avec ça.

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