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Des images de chairs et de sens au Château d’Eau

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Du au Galerie du Château d'eau

Avec Dérive et Errance(s), la galerie du Château d’eau expose le travail du jeune photographe turc Yusuf Sevinçli, ainsi qu’une partie de sa collection permanente. Deux propositions où la vie bat, erratique et surprenante.

Dérive

Dérive est le titre du voyage proposé par le jeune stambouliote Yusuf Sevinçli. Ses images d’un noir et blanc très contrasté, au grain épais et à la surface souvent griffée forment un univers esthétique très marqué, influencé par le travail de Robert Frank, Rinko Kawauchi ou du tchèque Miroslav Tichý. Sevinçli connait également bien le travail de photographe comme Anders Petersen, l’auteur ayant effectué une master class consacrée à la photographie documentaire suédoise.

Mais le travail de Yusuf Sevinçli se détache d’une noirceur ou d’une violence attendue au tournant pour proposer une vision sensuelle du monde, grâce à un corpus d’images hétérogènes traduisant la pulsation de la vie sous toutes ses formes.

Scènes de rues, détails infimes, corps de femmes dénudées, chiens en train de se battre ou nature morte, Sevinçli arpente le monde et crée un cabinet de curiosités intemporel baigné par des lumières éclairant un songe. Un éclectisme salutaire dans ces visions crépusculaires, et le faisant pencher du côté de la vie.

Détails d’une photographie de Géraldine Lay © Géraldine Lay Courtesy

Errance(s)

Galerie 2, une sélection de clichés provenant de la collection permanente du Château d’Eau est proposée, en résonance avec les images erratiques du stambouliote.

Vingt-cinq photographies, la plupart en noir et blanc, permettent de voir les œuvres de Francisco Artigas, Bernard Plossu, Jun Shiraoka, Klavdig Sluban, Trent Park, ou encore Gregg Ellis, Laurent Septier ou Matt Wilson.

Errance(s) et Dérive nous rappellent la fonction de ce lieu au fonctionnement associatif : montrer avec une exigence tenace de la photographie d’auteur, loin du flot incessant d’images attendues et convenues ; et ce dans un contexte économique difficile, les baisses de subventions municipales mettant en danger l’avenir du Château d’Eau, structure atypique uniquement dédiée à la photographie depuis déjà plus de quarante ans.

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