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Culture en bar(re)s

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Du au Toulouse

Vous cherchez un moyen de vous réchauffer au cœur de cet hiver polaire dans une ville rose qui fourmille de spots originaux mais parfois trop bien cachés ? On vous propose une tournée des endroits cosy où l’on cultive non seulement le houblon sous pression ou le chaud-cacao-choco-bio mais aussi la musique du monde sans poncho, la conversation en VO, le happening arty, voire le ciné indé et le tricot pour les nuls.

Dis-moi comment tu t’appelles, je te dirai qui tu attires : on s’en rend vite compte, même armé des meilleures résolutions (et c’est encore pire après quelques verres), le concept de bar culturel est un vaste fourre-tout.

S’y improvise le moindre estaminet dont les murs s’ornent de quelques photos floues et de trois croûtes à l’acrylique.

Bar culturel, concept coffee-shop ou café associatif ?

Difficile pourtant de faire le tri entre les lieux, dès lors qu’il paraît compliqué de s’accorder sur une définition unique d’un mot aussi vaste que « culture », on ira donc piano-piano sur les étiquettes et les classements. Guidés par l’idée que la culture c’est avant tout ce qui rassemble, figurent dans la balade ci-dessous des lieux, cafés, bars, qui partagent à leur manière avec passion une petite partie de ce grand bric-à-brac joyeux qui nous aide à vivre : on mettra donc dans le même chaudron la musique, les arts visuels, les jeux de société, les ateliers d’écriture, les cours de langue, le théâtre d’impro, etc.

Sans autre prétention que de proposer un tour de la ville à qui cherche un alibi culturel à ses envies de bien boire et de bien manger. Toutes générations confondues.

Une collection de setlists sur le mur du Ô Bohem

Les bars à zique

Numéro un donc au registre de l’alibi culturel qui va bien et à tout le monde : la musique ! De n’importe quel pays de n’importe quelle couleur, pourvu qu’elle soit live, elle est l’agent fédérateur, l’ingrédient indispensable, bref ce qui donne illico la caution manquante à n’importe quel rade.

Scènes ouvertes, concerts découvertes, prog’ maison pointue ou juste prétexte à ambiancer, le bon son est partout à Toulouse et nombreux sont les lieux à proposer des occasions multiples d’en écouter toute l’année, tous genres mêlés. Pour fidéliser le chaland par essence volatile, les lieux peaufinent leur flyers et leur com’ facebook et mixent les surprises du chef en mode « concert exceptionnel » et les rendez-vous réguliers, quizz musicaux, blind tests, karaokés, projos de clips, etc.

A noter comme chouette endroit dans le genre, le Blind Tiger (rue Pargaminières) où l’on peut boire une bière sous le regard d’un tigre en peluche qui assume gentiment son côté rock régressif. En sous-sol, on the dancefloor, la jeunesse danse sur les DJ’s qui vont bien. Bon son aussi, du rock carré, du punk rock japonais, de la country rock garage, de la cold wave, de l’électro expérimentale, au Ravelin sur la place du même nom, avant de finir potentiellement la soirée à l’Amanita Muscaria non loin de là côté Pont Neuf. A l’origine compagnie de spectacle de rue, c’est le nom d’une cave associative avec bar et petite bouffe, où se déroulent répét’ de batucada et concerts underground.

Lumière verte et clics frénétiques au Meltdown

Les cafés multicartes

Impossible de rubriquer les bars à zique sans tomber dedans, mais bon, si on cause culture, y a pas que la musique dans la vie : ateliers d’écriture, goûters philo, débats politiques, brunchs thématiques, de nombreux endroits (re)découvrent et c’est tant mieux les vertus du bon produit d’une part et celles du lien social d’autre part, semblant incarner du même coup les aspirations à la décroissance de pas mal d’entre nous.

La culture, en une définition élargie et très actuelle donc, mixant les publics et les lieux sur une palette qui va de l’alternatif pur jus au hipster friendly : des lieux souvent porteurs d’initiatives singulières.

Parmi eux, l’Anartiste, en hommage à Marcel Duchamp, est un endroit cosy qui valorise les produits locaux et les projets où infuse un peu d’art contemporain (en gestation, des conférences itinérantes de spécialistes d’histoire de l’art dans les bistrots). L’endroit met à la carte de l’absinthe bio. Pour écrire comme Rimbaud… Autre référence « couteau suisse », le Ô Bohem propose des concerts en tous genres, pour un public en prise directe sur le quartier, de bons produits vegan et « paléo » (comprendre : naturels et fait maison) et d’autres bonnes idées : du théâtre d’impro, une friperie le lundi, des expos…

Plus mini en taille mais pleine d’idées, la Maison blanche à Arnaud Bernard est un lieu associatif multiculturel où l’on peut boire en écoutant un concert de jazz, de flamenco, de forro, où assister à des clownférences, des ateliers ludiques d’ouverture scientifique, des cours de langue, des expos, des ateliers danse et musique gnawa, etc. Il faut s’offrir une visite sur leur site pour appréhender la vastitude de ce petit tout.

Le tigre en peluche du Blind Tiger

Les spots originaux

Là, on voudrait bien (quand même) caser les bars à jeux. Ah la convivialité des soirées en famille devant un bon Monopoly ou un Scrabble (le Baraka Jeux est à tester pour une soirée cool, avec plus de 500 références) ! Et les bars de gaming, génération oblige, notamment le Meltdown qui organise non-stop des tournois pour joueurs et joueuses affuté(e)s.

Enfin, tout autre délire : les lieux inclassables tendance bio-friendly, ouverts aux projets émergents qui viennent à eux : au faubourg Bonnefoy, les Farfadets en pays Cathare est un bar à chocolat étiqueté « bar à sorcières » et « farfadets conteurs, poètes, militants ».

Selon son fondateur Félix Ballesio l’endroit a « une raison d’être d’abord politique » à laquelle « la culture s’est greffée ». Au menu, ateliers d’écriture, jams, karaokés acoustiques mais aussi sessions café-bricole où l’on apprend à réparer son petit électro-ménager, des forums écolo de « la discussion altruiste à comment faire son pain », en passant par des crypto-parties où l’on apprend à ne pas être fichés par un gouvernement perfusé à l’état d’urgence. Bon plan sur place, pour retrouver sa zénitude et se faire du bien, un corner tisanes et herboristerie concocté par une jolie sorcière.

Bonne balade !

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