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« Il n’y a point de génie sans un grain de folie »*

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Du au Théâtre du Grand Rond

Le Théâtre du Grand Rond consacre deux semaines à Frédéric Naud en programmant sa Méningite des poireaux. Trois questions à cet auteur-conteur dont l’oeuvre tournée vers le questionnement des normes mentales est aussi parée d’une folie douce, déraisonnable, sincère. Bref, juste humaine.

Pourquoi le handicap mental ?

Frédéric Naud : J’ai eu une tante handicapée mentale qui a travaillé en ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail). Je me sentais concerné par cette question et j’avais envie de partager ce que j’avais vécu.

Pour comprendre ce que signifie à notre époque le handicap mental, j’ai fait une résidence en Lozère dans un foyer d’accueil, un ESAT et une MAS (Maison d’Accueil Spécialisée) qui a déclenché l’écriture du spectacle Le Road-movie du taureau bleu. Une échappée belle de personnes en situation de handicap mental qui piquent un minibus avec deux ados pour partir en quête d’un mystérieux taureau bleu.

Je me suis ensuite posé la question des normes : qu’est ce qui fait qu’une personne est dite « en situation de handicap mental » ? Je me suis rendu compte que ces règles changeaient en fonction des décisions politiques, économiques et qu’elles régressaient actuellement de façon effrayante. Je me suis alors intéressé à la figure du docteur François Tosquelles qui a révolutionné la psychiatrie en France dont ma dernière création La Méningite des poireaux raconte en partie l’histoire.

Révolution psychiatrique ?

F. N. : Pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce psychiatre méconnu a ré-humanisé les hôpitaux psychiatriques en faisant sortir les malades de leurs cellules. Premières victimes de la famine, il a permis aux patients de résister en subvenant à leurs besoins en cultivant, par exemple, leurs propres légumes. Il leur a aussi fait tenir un journal interne, sans aucune censure, appelé Trait d’union. À la lecture de ces textes, j’ai été très touché par leur liberté de parole.

Nous nous sommes appuyés sur certains d’entre eux ainsi que sur des écrits de ma grand-mère, qui à la même époque a souffert d’un internement dans un établissement psychiatrique.

Cette figure de la grand-mère est importante…

F. N. : J’ai vraiment été très proche de cette grand-mère dont je recevais des lettres adolescent sans vraiment en comprendre le sens. Elle écrivait tout ce qui lui passait par la tête ! C’est en les relisant plus tard que je me suis dit : « C’est beau ! À sa façon c’est beau. »

J’en lis certaines dans La Méningite des poireaux. Elles ont été le point de départ de mon écriture et des textes du spectacle Je, Jackie (créé en 2013). Bien qu’ils soient sombres, je les trouve très drôles.

Sur scène, ils sont interprétés par Jeanne Videau avec qui je suis également en duo sur La
Méningite des poireaux.

*Aristote

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