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Une couleur : rouge

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Du au La Fabrique / CIAM

Le CIAM – La Fabrique termine sa saison avec Pourquoi pas rouge ?, exposition de Georges Ayats, grand peintre de la couleur, qui vit et travaille à Perpignan. Du rouge brique au rouge orangé, de l’ocre au pourpre en passant par les violines, les vermillons et les carmins, l’exposition explore cette couleur dans toutes ses variations.

Né en 1938, issu d’une famille catalane, Georges Ayats découvre  véritablement le travail sur la couleur pendant ses études aux Beaux-arts de Paris dans les années soixante : ayant besoin d’argent (sa famille était très modeste), il aide l’un de ses professeurs, le peintre Roger Chapelain-Midy, à produire les décors de l’Opéra Garnier.

L’art concret de Georges Ayats

« A l’époque, dit-il, les décors étaient très peu éclairés ; c’était la couleur qui faisait l’éclairage. »
Depuis, le travail du peintre est entièrement dévoué à la couleur. Ses tableaux aux formes géométriques simples se construisent en fonction d’un espace colorimétrique qui en détermine les perspectives.

« On me range souvent parmi les peintres constructivistes, explique-t-il, mais les peintres constructivistes jouent sur la géométrie alors que chez moi la géométrie n’est qu’une grille dans laquelle la couleur se déplace ». Une approche scientifique de la couleur (il a travaillé avec le Laboratoire de colorimétrie du Louvre, et avec l’Ecole des Mines de Paris sur la physique ondulatoire de la colorimétrie de l’art) a permis à Georges Ayats d’en exploiter toutes les possibilités, toutes les nuances ; la déconstruction savante du spectre colorimétrique est transfigurée dans sa pratique picturale, faite de travaux sériels.

Une démarche radicale

Un long travail préparatoire préfigure l’accrochage des oeuvres de Georges Ayats, de l’apposition de couches successives sur la toile à la mise en espace, les tableaux se correspondant les uns aux autres, pour construire une sorte de mise en scène de la couleur. Son minimalisme pictural n’est là que pour révéler les multiples nuances de la couleur.

L’oeuvre, si l’on s’attarde un tant soit peu devant ses compositions, appelle à la méditation. Car l’essence de son travail rigoureux, qui se révèle petit à petit, force le spectateur à la contemplation, à l’introspection.

Georges Ayats joue sur l’interaction des couleurs, les fait circuler d’un tableau à l’autre, ou au contraire en isole telle ou telle nuance. Un jeu savant conditionne la perception du spectateur, le poussant à « voir » la couleur elle-même dans toute sa puissance plastique, plutôt qu’à simplement « regarder » un tableau.

Pourquoi rouge ?

Le choix spécifique du rouge à La Fabrique est un clin d’oeil aux briques rouges de Toulouse, mais aussi une allusion au rôle de la ville dans l’histoire tragique des exilés espagnols fuyant l’oppression franquiste.

Georges Ayats a investi les différents espaces du lieu – Le Cube, le Tube et la Galerie – en proposant trois séries distinctes : Perspective rouge (datant de 2011), Suite colorimétrique et Tétralogie, ces deux dernières ayant été produites spécialement pour le CIAM.

Une peinture murale sera réalisée, ainsi qu’une oeuvre sur les vitres reprenant les mots du rouge. Par cette invitation faite à Georges Ayats, Jérôme Carrié, commissaire de l’exposition, clôt avec originalité la saison du CIAM , en proposant une exposition tournée exclusivement vers la peinture. Pourquoi pas rouge ? présente le travail de ce peintre accompli, choisi « pour la force de ses couleurs, la radicalité de ses compositions, la modernité de sa démarche ».

 

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