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Métal ou crève

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Du au Le Bikini

Groupe de métal toulousain fondé en 1997, Sidilarsen est avant tout une aventure humaine. Le secret d’une longévité qui lui permet depuis 20 ans de partager des textes contestataires chargés d’humanisme sur les scènes de France et de Navarre. Rencontre avec Benjamin Bury, alias Viber, chanteur et guitariste et membre fondateur du groupe.

Sidilarsen en quelques mots…

Viber : On va dire que c’est du métal moderne, avec des influences issues du métal industriel qui se rapprochent de Nine Inch Nails et une couleur électro façon Prodigy. Notre particularité, c’est que nous sommes un groupe de rock à deux guitares, avec deux parties vocales écrites en français et interprétées par Didou et moi-même. BenBen est le second guitariste, avec Fryzzzer à la basse et aux machines. Machines tenues aussi par Sam qui est également à la batterie. Les sons produits et les rythmiques sont voulus le plus possible organiques et non synthétiques. Côté compositions, arrangements, signatures des textes, tout est fait à parts égales, c’est Sidilarsen qui signe l’ensemble. C’est un choix.

 

Tu parles de sons organiques…

En studio, on dit organique en opposition à clinique, c’est-à-dire au froid du numérique, car beaucoup de choses se font sur ordinateur. On accentue le vivant, la chair, la sueur, le sang pour qu’on sente vraiment les gens derrière le son. Les machines sont nos esclaves et non l’inverse ! (rires)

 

L’état d’esprit de Sidilarsen ?

C’est un vaste sujet. L‘humain a une part très importante, nous sommes des amis de très longue date. La musique est presque venue par la suite. En anglais, on dirait que nous sommes un groupe « socialy conscious ». Tous les groupes de rock devraient avoir cette acuité. Pour moi cette musique est par essence contestataire au regard de la société dans laquelle nous évoluons. Avec Sidilarsen nous assumons nos opinions. Nous sommes un groupe de gauche, partisan du mieux vivre ensemble. Notre vie de musicien au sein d’un groupe de métal est un engagement en soi. Nous avons choisi la passion plus que le pognon.

 

Vous arrivez à en vivre pleinement ?

On a le loisir aujourd’hui de pouvoir en vivre. Mais ça a pris du temps… Nous avons 20 ans, nous sommes enfin majeurs ! (rires)

 

20 ans, bientôt l’âge de raison… ou plutôt des conneries !

On n’a pas fini d’écrire et d’en faire des conneries ! (rires)

Ça prend du temps, nous avons fait des choix. Toulousains d’origine, nous sommes restés sur place tout en essayant de nous diffuser le plus largement possible comme en l’Allemagne ou en Russie… C’est un cliché de dire que la musique n’a pas de frontières, mais c’est plus étonnant de le constater. La barrière de la langue n’en est pas une. L’essentiel se sent lorsque les gens sont devant toi.

 

Avec le Hellfest en juin 2017, ces 20 ans c’est un peu comme une renaissance…

Non car nous avons des fans qui ne nous ont pas lâchés. Qu’ils en soient remerciés. Sidilarsen n’a jamais disparu, mais c’est maintenant que le grand public en entend parler. Nous avons toujours suivi notre chemin. Notre notoriété a été lente, car nous avons été un peu esseulés dans le milieu du métal du fait d’avoir été totalement indépendants sur deux albums (Machine Rouge et Chatterbox). À partir de là, si tu n’as pas les labels et les contacts c’est plus difficile.

 

Le secret de la longévité ?

Nous communiquons beaucoup entre nous.

 

C’est presque une famille…

Oui nous sommes une famille, des frères. D’ailleurs il y en deux qui le sont réellement ! (rires)

Cela fait longtemps que nous taillons la route. Ça n’a pas été tout le temps facile, mais nous savons pourquoi nous avons construit cette histoire ensemble. Jouer est vraiment le leitmotiv. Nous avons aussi réussi à constituer une équipe de tournée avec qui nous partageons toute l’identité de Sidilarsen, c’est une communauté, notre ADN.

 

Pour se faire une idée de votre univers musical, pourrais-tu faire un rapide tour d’horizon de chacun de vos albums ?

Notre premier album Biotop sorti en 2003 est composé d’une majorité de morceaux joués en live à l’époque. C’est un aboutissement de plusieurs années de gestation, avec la découverte du studio. C’est un premier bébé, très naïf où nous nous lâchons comme des gamins, avec une certaine efficacité et une fraîcheur. Il nous permet de signer et de tourner…

 

Eau (2005) est le plus célèbre. Il s’est passé quelque chose de très spécial pendant les compos et les enregistrements. Je suis très fier de cet album, avec tous les défauts qu’il recèle avec le temps. Il y a vraiment de la vie, de l’énergie. Nous avons pu réussir à produire quelque chose de cohérent qui nous ressemblait. Il compte le tube La Morale de la fable. L’univers des possibles est ouvert avec beaucoup de rêves et d’ambitions.

 

Une Nuit pour sept jours en 2008 est celui pour lequel nous avons mis les petits plats dans les grands ; pris du temps ; dépensé du pognon… et dont le résultat final nous a malheureusement déçu. Malgré des morceaux très intéressants, il y a eu des erreurs de mixages. Cet album est un peu passé à côté médiatiquement. Nous voulions tout cartonner, mais sur le plan sonore il est étriqué avec des morceaux qui auraient mérité de respirer davantage.

 

Machine Rouge (2011) signe le moment où nous nous retrouvons un peu tout seuls, en totale indépendance, en travaillant uniquement avec un distributeur. Nous reprenons les choses à la racine, en refaisant du Sidilarsen de base. Simple, efficace, droit devant. C’est aussi pour cette raison qu’il s’appelle Machine Rouge. Comme le cœur. C’est un album pamphlet qui recréé la dynamique dans laquelle nous sommes actuellement. C’est aussi un moment charnière : c’est marche ou crève.

 

C’est dans cette même lancée que sort en 2014 Chatterbox. Réalisé aussi en indépendant, il est notre première collaboration avec Plume (réalisateur). Nous produisons un son métal que nous souhaitions depuis longtemps. Certains morceaux comme Des milliards vont marquer. Au moment où nous le mettons en bac nous savons que nous en sommes pleinement satisfaits. Il est d’ailleurs très bien reçu et la tournée est belle.

 

 

Enfin Dancefloor Bastards (2016) nous permet de signer chez Verycords (même label que Mass Hysteria, No one is innocent…) et le tourneur Base Productions (Lofofora, Gojira…) Ce qui nous fait revenir un peu dans le « game » dont nous étions un peu sorti en produisant nous-mêmes deux disques en indépendant. Nous travaillons avec l’envie, la rage. C’est un re-manifeste, l’album de l’essor, un nouveau Sidilarsen tant au niveau du style que du son, fait de contrastes sombres et parfois excessifs. Il est aussi chargé émotionnellement avec des événements comme les attentats qui nous ont profondément secoués… Le disque se vend bien, les dates s’enchaînent. On développe pleins de choses.

 

 

Sidilarsen se sont aussi des textes nerveux. Êtes-vous aussi en colère qu’il y a 20 ans ?

Le fond reste le même. Il y a 20 ans, j’étais déjà en colère et je le suis encore. Mais effectivement on ne pense pas à 40 ans de la même manière qu’à 20, sinon nous n’évoluerions pas. En ce moment, un repli identitaire remet en question des acquis fondamentaux pour lesquels des gens se sont battus et sont morts. C’est hallucinant tout ce qui s’est passé depuis 2015 par rapport à l’Europe, aux attentats, aux flux migratoires…

Dès que les gens t’écoutent, tu as une responsabilité. Tu ne peux pas dire de la merde. Mais mon opinion, ou celle de quiconque dans le groupe n’a pas plus d’importance que celle de chacun. Je ne créé pas des tendances pour renverser l’histoire du monde. Mais à chaque fois que l’on peut, nous parlons de cette solidarité bien réelle qui existe.

Nous sommes très proches de notre public et nous tenons vraiment à cette communication en restant naturels et très abordables. Nous aimons partager, cela va au-delà de la musique, c’est un engagement humain.

 

Sidilarsen c’est aussi un show visuel…

Voir Sidilarsen en concert est une expérience inédite car nous tenons à faire un show total, avec des projections vidéos réalisées par Akira notre éclairagiste. C’est évolutif et composé de géométrie, d’espaces en 3 dimensions qui créent une perspective sur l’habillage de la scène. Cela permet de rentrer dans notre univers de façon personnelle et émotive.

 

Vos 20 ans, vous les fêterez le 14 octobre avec le Sidifest qui se déroulera au Bikini…

Nous avons une histoire très ancienne avec cette salle, nous sommes des amis. Depuis le temps que les gens nous demandaient de faire un DVD, nos 20 ans vont être l’occasion de le réaliser ! Nous allons essayer de rassembler un maximum de personnes pour vivre un moment exceptionnel. Actuellement nous préparons une affiche explosive dont nous serons le point d’orgue.

C’est un événement important que nous ne tenons pas à rater. Pour le moment, je ne peux rien dévoiler, mais c’est sûr il y aura des amis de la scène métal française. Ça va être assez merveilleux, un grand moment d’émotion pour tout le monde.

 

Passé cet anniversaire, comment vois-tu Sidilarsen dans 20 ans ?

On n’imagine pas du tout, je m’en fous complètement ! Nous ne pensons pas au-delà de l’album suivant. Cela ne sert à rien et ça créé des angoisses. Mais c’est vrai qu’il est difficile de se séparer de la scène.

Ce que l’on sait, c’est qu’elle est une part importante dans nos vies, de ma vie. J’ai besoin de ça. S’il n’y avait pas cette échéance, je ne sais pas comment je ferai. Car nous sommes avant tout un groupe de scène. C’est le lieu où nous nous exprimons et nous sentons bien. Nous y sommes chez nous.

 

POUR SUIVRE L’ACTU de Sidilarsen

 

Sidilarsen c’est : David Cancel (Didou) chant / Benjamin Bury (Viber) chant – guitare / Benjamin Lartigue (Benben) guitare / Julien Soula (Fryzzzer) basse et machines / Samuel Cancel (Sam) batterie et machines

 

 

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