Speed searching, de la matière grise en shot

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Le Le Muséum de Toulouse

« Impossible » c’est le thème de la 12e édition de La nuit européenne des chercheur-e-s qui
se déroule le 29 septembre dans plus de 330 villes d’europe. Rencontre avec Anne-Cécile
Dagaeff, docteur en écologie comportementale et secrétaire de l’association Honua qui participe à l’organisation du speed-searching, l’un des rendez-vous phare de cet événement tourné vers la découverte scientifique, toutes disciplines confondues.

Speed searching, kezako ?
Anne-Cécile Dagaeff : C’est un format qui vient du Québec qui marche superbement bien. C’est un face à face de 10 minutes avec un chercheur mis à notre disposition pour répondre à toutes les questions qui nous
passe par la tête sur son métier, son sujet de recherche, son travail au quotidien… Lorsque le temps est écoulé, on
sonne le gong, on change et ainsi de suite… il y a 12 chercheurs par session, peut-être 20 pour la prochaine édition. Chacun a un totem posé sur sa table et rencontre 2 à 4 personnes. Dans l’idéal le public peut en voir plusieurs dans la soirée, mais dans la réalité nous avons tellement de monde que nous limitons à 2 chercheur-e-s.

Un totem ?
A-C D : Souvent les chercheur-e-s ont un objet totem en lien avec leur recherche qui permet de capter l’intention
des gens, d’ouvrir le discours ou d’illustrer le propos. Par exemple, ça peut-être un tube à essai, des liquides
fluorescents… Il y a deux ans, une fille qui étudiait des images satellites de la calotte glaciaire avait porté une
peluche de pingouin ! Les chercheurs sont libres sur le choix du totem, mais on aime bien leur demander qu’il
soit original.

Quels sont les chercheurs qui participent ?
A-C D : Ce sont des toulousains car il est important pour le public de rencontrer les chercheur-e-s de leur ville. Il y a aussi des doctorants car ils sont tenus de faire des formations au cours de leur cursus ce qui leur permet d’obtenir des crédits. L’Université Fédérale Toulouse Midi- Pyrénées lance chaque année un appel à participation. Cet appel propose pas mal d’ateliers auxquels les gens peuvent participer en fonction de ce qu’ils vont présenter pendant La Nuit des chercheur-e-s dont le Speed searching et le Bouche à oreille que nous animons.
Comment se prépare un Speed searching ?
A-C D : Pendant une demi-journée, nous expliquons aux chercheur-e-s qu’il est important que cela reste une discussion et non un cours austère en leur donnant quelques clefs pour faire passer un message : comment simplifier, interagir avec le public, capter leur intention. Pour les doctorants c’est aussi un exercice de vulgarisation, pour expliquer sa thèse en termes simples. Entraînement auquel ils ne sont pas habitués car ils n’ont pas encore eu l’occasion de parler de leurs sujets en public.

Dans la même veine il y a aussi le Bouche à oreille…
A-C D : C’est une nouvelle animation qui a commencé en 2016 ! Elle compte 7 participants, le principe est celui du téléphone arabe. En 1,30 min, un chercheur isolé du reste d’un groupe de visiteurs présente son sujet de recherche à l’un d’entre eux, qu’il transmet lui-même à un autre, etc. À la fin la dernière personne reformule le message à tout le monde. Le but c’est qu’il soit transformé et d’observer sur quel mot ou sur quel concept les gens ont buté. Pour le spécialiste ça peut lui donner des clefs sur les termes à utiliser lorsqu’il communique au public. Cette année nous devrions avoir des chercheurs en communication qui vont étudier la transmission et la transformation du message

Côté Speed searching, on dit que c’est un incontournable…
A-C D : À ce qu’il paraît c’est l’une des animations préférées des gens. tant mieux ! Nous avons 300 à 400 personnes qui défilent lors de la soirée. Et encore nous limitons ! Les chercheur-e-s, qui apprécient  se retrouver entre eux, ont confié que les échanges avec le public leur donnaient un nouvel éclairage sur leur travail. Car à force d’avoir le nez dans le guidon, certaines questions qui peuvent quelquefois paraître naïves permettent de prendre du recul.

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