The Last Girl – Celle qui a tous les dons

0
Du au

Entre éclats gore et étude sociétal, The last girl – celle qui a tous les dons digère les codes du film de zombie pour mieux les régénérer. Qui aurait cru que la figure du zombie contaminerait à ce point le cinéma moderne ?

Longtemps confiné dans la marge du cinéma d’horreur, le mort-vivant a repris du poil de la bête depuis The Walking dead pour devenir un point de repère social ou politique de notre époque. Voire une redéfinition de la paranoïa globalisée qui s’est propagée depuis l’attaque du 11 septembre 2001. Avec le World Trade Center, une partie du monde s’est effondrée. Avant, l’idée d’un vivre ensemble subsistait, depuis, elle s’est muée en méfiance envers l’Autre, l’étranger.

The last girl – Celle qui a tous les dons renoue avec une étape rédigée par le cinéma de George A. Romero. Celui qui a mondialisé le phénomène zombie avec La nuit des morts-vivants posait, au milieu des années 80, dans le trop méconnu Jour des morts-vivants la question d’une cohabitation avec les macchabées ressuscités, mais aussi celle d’en faire pour l’armée une nouvelle chair à canon. Trente ans plus tard The last girl – Celle qui a tous les dons reformule cette équation, dans un monde passé par des conflits militaro-industriels ou le camp de Guantanamo.

C’est dans une cellule similaire que l’on fait la connaissance de Mélanie, une gamine pas comme les autres. Elle a été atteinte par le mystérieux virus qui a zombifi é l’humanité mais in utero, car née d’une mère contaminée. En quelque sorte elle est le chainon manquant qui pourrait permettre de venir à bout de la pandémie. Son naturel cannibale reprenant le dessus, la voici en fuite, aidée par une scientifique qui s’est prise d’affection pour elle. Vers quelle espèce cette hybride va-t-elle penche : les morts-vivants ou les humains ?

The last girl se place lui aussi à la croisée des chemins, entre goût pour le cinéma fantastique des années 80, celui qui avait de la cervelle et celui d’aujourd’hui, estimant que l’horreur est avant tout humaine. Aussi émouvant que gore, le film de Colm Mc Carthy abreuve son registre, d’un inattendu sang neuf.

 

Share.

About Author

Leave A Reply