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Mémoire en fuite à la Maison Salvan

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Du au Maison Salvan

L’exposition « entre les gens » à la Maison Salvan propose les travaux de Caroline Pandelé, Gaël Bonnefon et Pascal Navarro. Trois récits visuels empreints de mélancolie dialoguant entre eux avec profondeur et subtilité.

C’est un voyage dans les lambeaux de la mémoire qui guide les pas du visiteur parmi les pièces de la Maison Salvan. Chacun des artistes dévoile son univers où l’on convoque fantômes et réminiscences, comme s’ils voulaient forcer la mémoire à se souvenir des choses.

Intimité et obsession du motif

Caroline Pandelé, avec l’installation Villa Pomone, expose des fragments d’intimité d’une personne âgée : des photographies de détails (tissus, armoires, partie de corps flétris) se correspondent par le motif, la couleur. Correspondances dévoile la vie quotidienne d’une famille à travers des écrits épistolaires. Cette intimité recèle une violence cachée derrière des mots simples, tout comme ces photographies du déclin.

Face à ce concentré de vie surpris au travers d’archives familiales, Pascal Navarro nous offre des dessins à l’encre grand format constitués de points, avec également une obsession du motif, de la répétition ad libitum renvoyant au travail d’Opalka. Mais derrière ses oeuvres abstraites se cachent des dessins qui vont progressivement se dévoiler à la lumière, épiphanies graphiques camouflées renvoyant à la fois à son histoire personnelle, et à l’histoire de l’art.

Visions du temps

Gaël Bonnefon propose lui des sténopés, ainsi que des films super 8. Ces images en noir et blanc hors du temps, aux paysages et visages altérés par le grain et les accidents provoqués de la pellicule nous plongent dans des paysages mentaux d’un présent semblant déjà faire partie d’un passé qui lui-même n’a probablement jamais existé.

La superbe bande son qui accompagne les images, réalisée par Bertrand Segonzac, renforce ce parfum de sensualité élégiaque. Les trois univers s’imbriquent idéalement pour former un tout plongeant le spectateur dans un ailleurs à la fois mélancolique et sec, toutes ces visions du temps qui passe faisant écho à nos propres fantômes.

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