Banniere Altigone saison 2017-2018
PlacedelaDanse-CDC

Stéphane Thidet : le goût du paradoxe

0
Du au Fondation Espace Ecureuil pour l'art contemporain

L’Eté photographique de Lectoure, le Pavillon Blanc à Colomiers et la Fondation Espace Ecureuil à Toulouse s’associent en ce moment pour révéler l’oeuvre de Stéphane Thidet. Tour d’horizon de l’univers très riche et paradoxal de cet artiste.

Avec ses œuvres Stéphane Thidet évoque magnifiquement l’Absence, manie l’art du Paradoxe avec génie. Tout en partant toujours de matériaux et d’objets issus du réel, il les déplace de leur fonction initiale et entraîne l’imaginaire du regardeur dans des régions insoupçonnées, ou refoulées.

Un refuge impossible

Devant le travail de Stéphane Thidet, on vit une expérience au sens fort du terme. L’artiste part du réel pour générer la ction, ou le contraire, car il déclare : « travailler avec la fiction pour parler du réel, c’est se donner la liberté de se réinventer une histoire. »

A Lectoure, on retrouve le choc éprouvé devant le fameux Refuge exposé pour la première fois aux Abattoirs en 2007. C’est une œuvre qui parle à tous, par les sens physiques, d’abord, puis chemine dans le mental cette invraisemblable situation d’une cabane dans laquelle il n’est plus possible de se réfugier, parce que, à l’intérieur, il y pleut des cordes.

Jardin d’orties

Au Pavillon Blanc Henri Molina, il propose Sur le fil : un jardin très particulier. « Parce que, a-t-il déclaré aux organisateurs, un Pavillon sans jardin, ça n’est pas possible », il propose une déambulation dans une espèce de labyrinthe dans lequel on ne peut pas se perdre mais
 où on risque fort de se piquer, puisqu’il y a planté des orties.

L’ortie est considérée comme une mauvaise herbe mais elle est aussi une plante bienfaisante et a de grandes qualités culinaires. C’est une plante sauvage mais ici elle est cultivée et le restera pendant toute la durée de l’exposition. Un véritable dé technique et horticole. Cette pièce est issue d’un souvenir d’enfance qui lui revient souvent : « Sur le chemin de retour de l’école, une jeune fille et moi nous nous battions avec des bouquets d’orties que nous arrachions à mains nues. Il y avait dans ce duel autant de craintes que de volontés de repousser nos appréhensions et nos limites. Mais il y avait aussi tout simplement du jeu, car le jeu
a tellement plus d’intérêt lorsqu’il comporte un vrai risque. »

Une œuvre éphémère où le « sauvage » tente de vivre dans un lieu d’art contemporain formaté. Stéphane Thidet n’avait-il pas installé des loups dans les fosses du Château des Ducs de Bretagne à Nantes ?

Capter les fréquences du soleil

A la Fondation Ecureuil pour l’art contemporain, nous aurons le plaisir de découvrir ou de retrouver des œuvres réalisées précédemment. Il ne s’agit pas d’une rétrospective, Stéphane Thidet est jeune, il est né en 1974.

L’accrochage n’est donc pas chronologique, c’est plutôt « un rapprochement poétique (…) une cohérence entre l’œuvre et l’espace. » On y verra des œuvres qui ont habité précédemment des lieux riches en histoire et en symboles.

Exemple avec D’un soleil à l’autre créé à l’Abbaye de Maubuisson. Il s’agit de deux gongs qui vibrent et résonnent selon les fréquences émises par le soleil. Insomnies a été aussi conçu pour ce même lieu. Ce sont six lits étroits dans lesquels poussent les gatilliers, des plantes aphrodisiaques anciennement cultivées par les moines dans l’espoir de contrôler leur libido.

 

EN SAVOIR + sur Stéphane Thidet

Share.

Leave A Reply