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Au revoir là-haut : Dupontel tient sa ligne

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Du au

En adaptant le prix Goncourt 2013, Albert Dupontel remet les pendules à l’heure.

Il y a quelques jours une pseudo-polémique nourrissait les trolls de Twitter et Facebook autour de la location par Albert Dupontel et sa société de production d’un immense bâtiment parisien à la région Île-de-France pour un loyer dérisoire. Ce (mini) feu de paille s’est vite éteint faute d’avoir de quoi le nourrir – non seulement, tout a été fait dans les plus grande transparence et légalité, mais surtout l’immeuble en question, un ancien lycée technique désaffecté n’a jamais servi d’habitation à l’acteur mais de décors pour ses deux derniers films.

Pourtant ça n’a pas loupé, un Dupontel-bashing sur l’air de « ah, il est beau celui qui dénonce les élites et le pouvoir » a eu lieu. A ceux qui l’ont pratiqué, il est fortement recommandé d’aller voir Au revoir là-haut pour s’assurer qu’il n’a pas changé son fusil d’épaule.

Son adaptation du best-seller de Pierre Lemaître est l’occasion d’enfoncer certains clous, comme une charge contre le système capitaliste et sa capacité à écraser ceux qui ne veulent pas entrer dans son rang. Depuis Bernie, Dupontel filme des gens dont la société ne veut pas, des marginaux, des artistes, des déclassés.

Les soldats revenus de la boucherie de 14-18, n’ont plus leur tête. Certains littéralement comme ce fils de grand bourgeois qui cache sa gueule cassée derrière des masques. Aidé par un autre soldat à qui il a sauvé la vie, il va monter une arnaque aux monuments aux morts.

Pendant que leur tyrannique capitaine, qui a lui aussi survécu, fait commerce avec les sépultures. La part feuilletonesque du roman va bien à Dupontel qui signe une fresque particulièrement généreuse (en casting, en idées, en poésie, en émotion, en spectacle) sans renoncer à sa virulence, ou à rester du côté des laissés pour compte.

Du très grand cinéma populaire, bien plus haut en couleurs qu’une minable intox sur un loyer dérisoire.

 

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