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Odradek / Pupella-Noguès : portrait d’un « lieu-compagnie »

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Du au Quint-Fonsegrives

Odradek et la compagnie Pupella- Noguès sont indissociables, d’où cette appellation de « lieu-compagnie ». Si ce Centre de création pour les arts de la marionnette situé à Quint- Fonsegrives fut fondé en 2005, la compagnie existe depuis 1984, date de sa naissance à Gênes, en Italie. La direction artistique est menée par deux artistes marionnettistes : Giorgio Pupella et Joëlle Noguès. Rencontre avec cette dernière autour de ce beau projet qui les anime
depuis de nombreuses années.

Votre projet ?

Joëlle Noguès : Odradek se compose d’un atelier de fabrication, une salle de répétition, des bureaux, un centre de documentation et un espace de vie dans lequel on peut manger et échanger tous ensemble. Notre « lieu-compagnie » est dédié à la création contemporaine de théâtre de marionnettes. On ne prône aucune forme particulière et refusons de dire que « le théâtre de marionnettes aujourd’hui, c’est le théâtre d’objets » ou bien « celui qui mêle théâtre et danse ».

Le compagnonnage ?

J-N : Cela veut dire partager un lieu mais aussi une expérience. C’est obligatoirement un échange ! Evidemment, cela dépend des compagnies que l’on accueille… Certaines, très jeunes, préparent leur tout premier spectacle donc on les accompagne autant sur le plan artistique –de l’écriture à la fabrication jusqu’à la mise en jeu– que structurel. Les compagnies confirmées qui travaillent chez nous ont souvent besoin d’une confrontation, d’un autre regard artistique. D’autres viennent du théâtre ou de la danse et n’ont aucune pratique en marionnettes. Elles désirent avoir des retours : sur sa pertinence dans leur spectacle ou des conseils techniques en fabrication ou manipulation.

C’est une étape importante…

J-N : On se situe vraiment à un endroit clé dans la chaîne de la création ! On reçoit à Odradek de jeunes diplômés de l’ESNAM (Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette) à Charleville-Mézières. Pour eux, c’est compliqué car ils ne sont pas connus… Les lieux-compagnies missionnés pour le compagnonnage sont souvent leur premier apport en production. Cela fait partie de notre mission : leur donner une place afin qu’ils puissent prendre le temps de chercher, s’interroger sur ce qu’ils font et pourquoi ils le font.

Le partenariat avec la Cave Poésie ?

J-N : Cela fait deux ans que l’on travaille ensemble. Yann Valade a mis en place Les Commencements,
des soirées pour faire découvrir des artistes émergents. Nous sommes un peu à part car nos compagnies ne sont pas forcément débutantes… En revanche, ce sont des commencements car nous offrons des sorties de résidence, des étapes de travail. Cela peut être une lecture, un début de mise en jeu ou un extrait. C’est une belle collaboration, une rencontre avec un public qui ne connait pas forcément la marionnette. Certains spectateurs, conquis et curieux, reviennent ! Notre prochain temps fort, (Carnet d’hiver #1) du 7 décembre se fait à la Cave. C’est tout naturel, un peu comme une suite…

Le « Carnet d’hiver #1 » ?

J-N : Un temps de rencontres que l’on désire rendre annuel, pour faire le point sur le théâtre de marionnettes aujourd’hui. Cette année, on aborde la mise en jeu du corps et l’écriture sans le texte, celui-ci étant transposé en mouvements. Deux tables rondes sont programmées : l’une sur le geste qui devient « signe » sur scène ; l’autre sur les nouvelles formes d’écritures. Comment écrire lorsque l’on part du corps ?

Pour un public de connaisseurs ?

J-N : Pas du tout ! L’idée est de provoquer le regard, susciter la curiosité. Ces rencontres s’adressent à tous ceux que la marionnette peut intriguer ainsi qu’à des étudiants et professionnels du spectacle vivant. On veut ouvrir au maximum. Un seul type de public, cela n’a pas d’intérêt !

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