Circa 2018
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Supernova innove

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Du au Théâtre Sorano

C’est seulement sa deuxième édition, et le festival Supernova a déjà ses aficionados : autour de six spectacles découvertes de la jeune création contemporaine régionale ou plus lointaine, le Théâtre Sorano fait bruisser novembre comme un printemps.

Donner sa chance à la jeune création théâtrale, défricher, repérer, donner à voir dans des conditions optimales les tentatives de nouveaux collectifs ou le talent naissant de jeunes metteurs en scène c’est une des envies et des missions que Sébastien Bournac directeur du théâtre s’était fixée dès le commencement de son mandat l’an dernier.

Place aux jeunes

Supernova is back donc, avec une intensité festive concentrée sur trois semaines, de quoi faire bouger les lignes de ce début d’automne où l’on aurait sinon tendance au cocooning sous le plaid. Les propositions s’enchaînent, organisées autour de débuts de soirées consacrés à des spectacles plus frais, moins aboutis, en chantier (baptisés fort justement « Fragiles ») et des soirées coups de coeur en compagnie de spectacles jeunes certes mais déjà repérés pour leur qualité.

Devenir(s) au long cours

Il y a donc un vrai plaisir dans cette programmation : assister en tout début de soirées à des spectacles où se noue pour certains la poursuite de l’aventure : les compagnies invitées ne sont pas forcément des débutantes et leur travail a réuni deux lieux en coréalisation pour le montrer. Deux regards en amont qui ont jugé que la proposition pouvait être vue en l’état, à mi-chemin entre un début de création et des questionnements en actes : c’est ainsi que Bolando, roi des gitans est montré avec le Théâtre Jules-Julien, France 98 avec le CDCN – La place de la danse, La rabbia avec le Théâtre Garonne ou Médéa mountains avec La Nouvelle Digue. Une manière de mutualiser et de fonctionner en maillage qui dépasse le réseau local, car le Sorano s’est aussi associé à des festivals parisiens pleins de fougue, Impatience diffusé au 104 et à la Gaieté lyrique et Fragments à la Loge et au Carreau du Temple.

Pépites à découvrir

En soirée, la programmation se recentre sur des spectacles emblématiques d’une jeune création dont la vitalité puise non seulement dans les classiques réinventés ou les écritures exigeantes (Tchekhov, Lars Noren, Maeterlinck, etc.) mais aussi dans l’actualité et les idéologies qui traversent nos sociétés contemporaines. La Mort de Tintagiles ouvre le bal : après une création remarquée l’an dernier, ADN où un groupe d’ados faisait face à sa propre violence, Yohan Bret interroge les frontières normées, les genres et notre rapport au temps qui passe dans une scénographie très plastique. Rumeur et petits jours à la suite propose de son côté une lecture engagée du réel en abordant la pensée comme moyen de résistance. Démons va chercher l’être humain dans sa difficulté à vivre ensemble, dans son rapport à l’autre et là aussi dans sa capacité à exister de façon politique, sans consensus. Nos serments creuse la même veine, la liberté de l’homme à faire sauter les carcans, en brodant sur l’histoire des utopies des années 70.

Le reste de la prog’ est tout autant de belle facture.

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