Circa 2018
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Au-delà de la censure

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Du au

Alchimie du bizarre, exultation des corps ou vecteur d’une critique sociale, ces oeuvres bravent les morales instituées par leur liberté de ton assumée. Quatre visions d’auteurs guidées par le sexe et érotisme, loin des nuances de gris.

Ils ont vu le loup

Le réalisateur californien Russ Meyer avec Faster, Pussycat! Kill! Kill! (1965) – projeté en février à la Cinémathèque – et avec Supervixens (1975) a produit des icônes underground d’un cinéma frénétiquement libertaire, comédies déjantées peuplées de pin-up à la sexualité débordante faisant sautiller leurs poitrines XXL dans des décors de western. Le sexe chez lui est avant tout synonyme de liberté, et permet à ce Tex Avery obsédé – et sous acide – de se moquer de l’Amérique puritaine.

Walerian Borowczyk, cinéaste et plasticien polonais, a lui exploré la sexualité en s’inspirant notamment de l’auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues, comme dans les Contes Immoraux (1974) ou La Marge (1976). Dans La Bête (1975), le sexe est associé à une critique violente de l’aristocratie et des normes sociales (version Luis Buñuel lubrique), le tout dans un univers singulier émergeant de cette variation zoophilique du conte universel de La Belle et la Bête.

Eros et Thanatos

Si Histoire de l’oeil de George Bataille, taxé de pornographique à sa sortie en 1928, est aujourd’hui reconnu comme une oeuvre littéraire importante, il n’en reste pas moins tout aussi transgressif. Sadomasochisme et fétichisme, orgies sexuelles et meurtre, Eros et Thanatos copulent dans une ambiance poisseuse, à l’image de Simone, se masturbant avec l’oeil  arraché d’un curé.

Crash ! de l’écrivain anglais J.G. Ballard, roman traitant d’une alliance entre érotisme et accident de voiture, est un autre scandale littéraire à sa sortie. Ballard observait de façon prémonitoire en 1974 dans cette métaphore sexuelle de l’union entre corps et machine, « le présage sinistre d’un mariage de cauchemar entre le sexe et la technologie », affirmant dans la préface que « la pornographie est la forme romanesque la plus intéressante politiquement, montrant comment nous nous manipulons et exploitons les uns et les autres de la manière la plus impitoyable. »

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